acronyme « d’Agriculteurs, distributeurs, industriels pour la valorisation des déchets », A.D.I.Valor fête ses 20 ans d’activité. Cette société privée, sans but lucratif (elle s’engage à réinvestir tous les excédents éventuels dans l’activité de l’entreprise) est une filière pionnière et unique en Europe, engagée dans la gestion et le recyclage des déchets issus de l’emploi d’intrants agricoles. En 2020, elle a collecté 85 000 tonnes de plastiques et emballages usagés. Au total, ce sont 22 types de déchets triés : bâches d’ensilage, films d’enrubannage, ficelles, big-bags, bidons, etc.
Cette filière fonctionne sur un engagement collectif des différents acteurs. Il commence chez les agriculteurs. Ils sont aujourd’hui plus de 300 000, autant dire tous les professionnels, à trier, et de mieux en mieux, leurs déchets. C’est le début d’une chaîne logistique qui passe ensuite par les points de collecte. Ainsi, plus de 1200 négoces ou coopératives réservent deux à trois fois par an, et pour quelques jours, des espaces pour réceptionner les différents segments de déchets. Ils partent ensuite sur des plateformes où ils sont massifiés et compressés avant leur destination finale chez les industriels du recyclage, une cinquantaine en France et en Europe. C’est donc une logistique complexe, réclamant beaucoup de transports et une organisation des flux. Mais A.D.I.Valor annonce aujourd’hui que 90 % de ce qui est collecté est recyclé. Une belle performance pour un secteur agricole qui utilise relativement peu de plastiques : moins de 100 000 t/an contre 6 millions de tonnes consommées en France.
Un processus au coût élevé et moins de débouchés
Pour autant, le recyclage des plastiques agricoles n’est pas simple. Ils sont souvent souillés (terre, débris de fourrage) et le processus est plus complexe et coûteux. Les débouchés de ces plastiques recyclés sont aussi peu nombreux : bâches, sacs poubelle, tubes, gaines techniques, etc.
Depuis 2018, la Chine n’importe plus de déchets plastiques à recycler, ce qui a contribué à encombrer le marché européen. Finalement, le recyclage des plastiques agricoles dégage assez peu de valeur –très loin des coûts qu’il génère – seulement 15 à 20 %. Le reste du financement est directement lié à une écocontribution prélevée sur chaque produit vendu par les fabricants et les importateurs. C’est évidemment répercuté dans le prix des produits achetés par les agriculteurs. « Une autre solution, comme ailleurs dans l’UE, serait que l’agriculteur paye lui-même la collecte de ses plastiques usagés. La facture serait beaucoup plus lourde », explique Pierre de Lépinau, directeur d’A.D.I.Valor.
Dominique Grémy
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