Révision. En affirmant son modèle extensif, le comté contrecarre ceux, minoritaires, qui veulent le beurre et l’argent du beurre.
Le 28 juin, l’interprofession du comté a validé les mesures de révision de son cahier des charges, un travail de longue haleine. Depuis janvier 2017, soixante réunions ont été organisées, mobilisant plus de 1 000 professionnels. Pas mal pour une filière qui compte 2 300 exploitations. Cet exercice de démocratie, où aucun débat n’a été omis, a vu deux tendances s’affronter pour aboutir à des compromis : celle portée par la Confédération paysanne soucieuse d’une AOP de terroir rigoureuse, et celle des FDSEA, très attentives à ne pas exclure les plus entreprenants parmi leurs troupes.
1,2 Ml par ferme et 50 vaches pour la première UMO
Côté pile, cette révision vise à créer de la valeur partagée entre les acteurs de la filière, mais aussi les consommateurs et la société. Cela alors même que fleurissent partout des démarches de lait de foin, de pâturage, de sans aliment OGM… Jusqu’alors des spécificités de l’AOP. Il était donc urgent de monter d’un cran.
Côté face, ce cahier des charges révisé met le holà aux velléités de certains d’intensifier leur mode de production (diminution du pâturage, développement de l’affouragement en vert et des prairies temporaires...) et d’agrandir leur troupeau au risque de nuire à l’image du comté auprès des consommateurs…. De nuire aussi à la palette de goûts du comté, qui nourrit son succès commercial. Ainsi, la production maximale des exploitations sera plafonnée à 1,2 million de litres, le nombre de laitières à 50 pour le chef d’exploitation, 40 pour chaque UMO supplémentaire…
Le défi environnemental ne peut plus être ignoré
Les mesures sont nombreuses (vingt pages de plus). Elles n’oublient pas l’environnement : interdiction d’épandage des boues de station, fertilisation raisonnée à la parcelle plafonnée à 150 UN/ha avec du fumier, 100 UN avec du lisier… Mais seront-elles suffisantes pour relever le défi environnemental qui fait face au comté ?
Car les problèmes de pollution des rivières (Loue, Dessoubre) ou d’accumulation de matières organiques dans certains lacs emblématiques (Remoray, Saint-Point), où les effluents d’élevage ont leur part de responsabilités, sont bel et bien là. Huit jours avant le vote du CIGC, le collectif SOS Loue rivières comtoises l’a rappelé à tous dans un article de la presse régionale. « Nous suivons le même objectif, mais pas à la même vitesse », répond Alain Mathieu, président du CIGC.
Le cahier des charges ne peut pas tout non plus. Au-delà des pratiques agricoles, la question de la densité du cheptel sur le sous-sol karstique fragile du massif jurassien mériterait d’être posée. Car de 2006 à 2016, le nombre de laitières a crû de plus de 10 %.
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