Drèches de brasserie, pulpes de betteraves, corn feed… Les coproduits sont une richesse à exploiter, et pas seulement les années où la ressource en fourrages est limitée et où les concentrés sont chers !
De nombreux éleveurs utilisent régulièrement des coproduits. Les résultats sont au rendez-vous, dans des systèmes très intensifs productifs à la vache ou des systèmes plus économes en concentrés. Ils sont par ailleurs largement intégrés aux formulations d’aliments du commerce.
Attention aux équilibres de ration
En intégrant les coproduits, il faut assurer les transitions et le bon fonctionnement de la panse. Gérer la régularité à l’auge, c’est le vrai challenge pour ce type de ration vache laitière.
Ce sont des produits relativement humides. Attention aux équilibres de ration. Les formes d’azote et sucres sont très différents d’un tourteau ou d’une céréale, plus dégradables pour la majorité. Avec ces coproduits, le taux de MS peut soit être un atout, sur ensilage maïs très sec, soit une contrainte avec un ensilage trop vert. Pour autant, avec à disposition un repas de fourrage sec, ces rations riches en coproduits limitent le tri et les problèmes métaboliques qui en découlent (un peu dans le même esprit que la méthode compact feeding).
Au-delà de la production laitière brute, les plus-values taux sont parfois très intéressantes (avec des écarts d’endives, par exemple). L’intérêt économique est apprécié, à valider ou non, par la production réelle du troupeau et les taux.
Le prix des coproduits évoluent et sont tirés par le coût de l’énergie comme le reste des matières premières. En revanche, déshydratés, ils sont toujours plus chers que sous forme humides.
Mais ne pas oublier qu’à ce calcul, il faudrait ajouter : « Je libère des surfaces cultivables », en remplaçant du maïs ensilage par des cultures de vente. Selon le potentiel agronomique et la marge culture, l’effet est plus ou moins marqué.
« Je gagne du temps et je réduis les charges de mécanisation ». Les hectares de fourrages qu’il n’y a plus à produire sont aussi autant de temps de gagner.
Coproduits et autonomie
Dans des exploitations où la SFP est un peu juste par rapport aux besoins, l’achat de coproduits apporte une sécurité fourragère non négligeable.
Leur utilisation peut paraître contradictoire avec la recherche d’autonomie. En effet, en raisonnant à l’échelle de l’exploitation, l’autonomie diminue. Mais elle va dans le sens d’une autonomie du territoire. C’est un des objectifs du projet Coprame, dans le Grand Est. Ce dernier vise à optimiser l’utilisation des coproduits du Grand Est, pour les élevages bovins laitiers et viandes de la région, porté par l’Idele et le BTPL, et soutenu par l’Ademe et la région.
Un vrai plus côté carbone
Les enjeux sur le carbone sont cruciaux pour la filière laitière et les coproduits ont de multiples atouts :
- Ils sont produits et valorisés localement. Peu de transport, peu de carburants et une empreinte limitée.
- Ils contribuent à l’économie circulaire. Dans certaines régions, la réduction ou la disparition de cette ressource auraient un impact direct sur les filières lait et viande.
- Ils peuvent être valorisés « humides ». Dans le contexte actuel, au regard du coût de l’énergie pour la déshydratation, les valoriser sous forme humides, limite leur coût et leur empreinte carbone.
Ces filières de valorisation sont « vertueuses ». Utiliser les coproduits d’une filière comme source d’aliments de qualité pour la production laitière, l’enjeu est de les valoriser dans le temps. Ne pas caler des stratégies court terme avec un prix de l’énergie élevée et tout oublier si la facture énergétique redevient plus légère.
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