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Bovins viandeSe tester pour mieux travailler

Les questions de temps et d'organisation du travail sont de plus en plus au coeur des préoccupations en élevage bovin. Pour preuve : le nombre d'outils qui fleurissent pour aider les éleveurs dans ce domaine. Le site internet www.declictravail.fr, l'appli Aptimiz, l'auto-diagnostic « Testez-vous avant de vous installer »... la chambre d'agriculture des Pays de la Loire propose, elle, d' « oser parler travail », spécifiquement en production de viande, même si certains conseils peuvent aussi s'appliquer en lait.

 

Tester rapidement et simplement, mais spécifiquement, le poste "travail" de son exploitation d'élevage, afin d'améliorer son organisation et d'alléger la charge qui pèse toujours davantage sur les éleveurs bovins : tel est l'objectif de différents outils développés récemment par plusieurs organismes comme :

Un état des lieux pour initier la réflexion.

Les producteurs de viande ont même leur propre auto-diagnostic "Osons parler travail" élaboré par la chambre d'agriculture des Pays de la Loire. En une vingtaine d'items seulement (regroupés sur un document de quatre pages), il permet « d'effectuer un état de lieu de la situation et d'initier la réflexion pour la faire évoluer », explique-t-elle sur son site web.

10 questions sur la ferme en général 

Les leviers pour gagner du temps, telle que la simplification des tâches entre autres, doivent en effet être « mis en œuvre en cohérence avec l'organisation globale de l'élevage ». 

1. Suis-je satisfait de l’équilibre entre ma vie personnelle, familiale, sociale et professionnelle ?

2. Suis-je satisfait de mes horaires de travail ?

3. Est-ce que je maîtrise bien les périodes de pointe sur mon exploitation ?

4. Si je suis malade ou accidenté, est-ce que je peux me faire remplacer ?

5. Est-ce que je me sens en bonne santé physique ?

6. Chez moi, les travaux physiques sont-ils rares ?

7. Suis-je zen dans mes relations au sein de l’exploitation ?

8. Suis-je suffisamment en contact avec mon voisinage et mon environnement socioprofessionnel ?

9. Est-ce que je prends des vacances ou des week-ends chaque année ?

10. Puis-je faire face à une situation d’évolution : installation, transmission, nouveau projet… ?

10 autres sur l'atelier bovin

> Les 3 premières concernent les vêlages.

1. Mes vêlages sont-ils groupés sur 3 mois ou moins ?

2. Est-ce que je limite mes déplacements auprès des animaux la nuit durant les vêlages ?

3. Ai-je un espace réservé au vêlage ?

> Les 4 suivantes portent sur l'alimentation, le paillage et le raclage.

4. Est-ce que je passe moins de 4 fois par jour devant les auges pour alimenter les animaux ?

5. Est-ce que je peux simplifier l’alimentation avec une distribution tous les 2 jours ?

6. Est-ce que je rentre dans l’aire de vie des animaux pour pailler ?

7. Si j’ai des taurillons, est-ce que je rentre dans l’aire de vie des animaux pour racler le fumier ?

> Les 3 dernières la contention et le pâturage.

8. Ai-je limité le nombre de barrières pour une gestion en grands lots ?

9. Suis-je satisfait des conditions de contention/manipulation de mes animaux ?

10. Ai-je organisé mon pâturage en mode "tournant" en limitant mes interventions ?

Fiches-solutions et diagnostic TraviBov

À chaque fois, le producteur doit répondre "oui", "plutôt oui", "plutôt non" ou "non" pour sa "situation actuelle" et dire s'il désire ou non faire bouger les choses. Si le total des "non" est plus important que celui de "oui" et qu'il a coché plusieurs cases "Je souhaite que cela change", il est invité à consulter les 11 fiches-solutions adaptées à la production de bovins viande que propose la chambre d'agriculture.

Et si les éleveurs veulent « aller plus loin », par exemple pour « se situer par rapport aux références disponibles » ou mieux identifier les pistes d'amélioration convenant le mieux à leurs besoins, leurs attentes et aux atouts/contraintes de leur élevage, ils peuvent bien sûr prendre rendez-vous avec un conseiller spécialisé afin de réaliser un diagnostic TraviBov de 2 heures sur la ferme.  

reference temps de travail en bovins viande chambre d agriculture des pays de la loire
 Références de temps de travaux en lien avec la conduite du troupeau (période et étalement des vêlages), l’organisation des tâches (nombre de distribution des aliments…) et les équipements utilisés (pour l’alimentation, le paillage, l’évacuation des déjections). Source : enquêtes dans les Pays de la Loire et les Deux Sèvres.(©Chambres d'agriculture des Pays de la Loire)

 

À savoir sur

- Concentration des tâches  →  meilleure vigilance et alimentation.

- Performances zootechniques supérieures (groupage sur 3 mois) : « - 20 jours d’IVV, - 2,5 à - 4 points de mortalité, + 20 kg vif à 210 j » selon la chambre d'agriculture.

  • Les passages devant les auges

Ils peuvent être réduits par :

- le libre-service foin/enrubannage pour des vêlages en février,

- le mélange des fourrages (à base d’ensilage) et des concentrés pour les phases de finition ou lactation,

- ou les deux cumulés.

! Prendre en compte : les besoins des animaux, la taille du cheptel, la possibilité de passer mécaniquement devant toutes les auges. 

  • Les interventions dans l’aire de vie des animaux

Elles sont indispensables pour les soins aux bêtes et l'entretien du lien homme-animal, mais elles peuvent être limitées pour les tâches suivantes :

le paillage  : « les pailleuses projettent la paille depuis le couloir d’alimentation à plus de 10 m », indique la chambre d'agriculture ;

- l’alimentation des veaux : « grâce à un couloir d’alimentation sur la façade arrière ou l'aménagement de cases entre celles se trouvent les vaches » ;

- l’évacuation des déjections : pour les taurillons, « en utilisant la pente inversée pour des volume de paille restreints. Et pour les femelles, «  en situation de raclage toutes les semaines, il faut diminuer le nombre de barrières en faisant des grands lots ».

  • La contention des animaux

Il est conseillé d'installer :

- des cornadis, mais « ils ne sont pas suffisants en termes d’efficacité, confort et sécurité au travail ».

- d'où la mise en place recommandée de parcs, couloirs, quais d’embarquement.

  •  Le pâturage

Le conseil : « planifier la saison de pâturage le plus tôt possible, mettre de bonnes clôtures (intermédiaires pour du pâturage tournant) et de nombreux points d’eau » .

« Le travail, un enjeu multi-facettes pour renouveler les générations »

« Le travail est une thématique multi-facettes, c’est à la fois le temps passé, l’efficacité, la pénibilité, la sécurité, les relations humaines et le ressenti de l’éleveur, insiste Alain Denieule, responsable professionnel de la filière à la chambre régionale d'agriculture. L’enjeu du renouvellement des générations dans le monde de l’élevage est économique mais aussi dans la capacité des exploitants à trouver une adéquation entre leur travail et leurs aspirations personnelles et professionnelles. Il ne s’agit pas d’en faire toujours plus, mais de le faire mieux et différemment pour que notre métier soit viable et vivable. »

Pas en faire toujours plus, mais mieux et différemment.
Objectif : que le métier soit viable et vivable !

N'oublions pas, non plus, que le travail en élevage n'est pas qu'une question d'organisation. Le niveau d'équipement intervient également, tout comme le facteur humain, c'est-à-dire l'éleveur, sa perception des choses, ses objectifs, ses aspirations et ses décisions. Et c'est souvent le plus difficile à cerner et mesurer ! 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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