«La Cuma de la Gare, à Questembert, dans le Morbihan, récolte des betteraves fourragères depuis environ vingt-cinq ans, souligne Gilles Elain, son président. L’an passé, nous avons renouvelé notre automotrice. C’est déjà la troisième machine de la Cuma. Les précédentes ont toutes les deux servi pendant une dizaine de campagnes. Pour ma part, j’ai commencé cette culture depuis huit ans seulement. À l’époque, je me suis engagé dans une MAE visant à réduire la part du maïs sur l’exploitation. Nous avons également un semoir en commun. Il est en six rangs espacés de 45 cm comme l’automotrice, soit une largeur de travail de 2,70 m. »
En betteraves, mutualiser le matériel est une obligation compte tenu de la spécificité des outils et aussi des faibles surfaces cultivées par exploitation.
Une automotrice d’occasion
L’arracheuse a été achetée d’occasion, comme c’est généralement le cas pour toutes les Cuma ou ETA en zone d’élevage (lire encadré). Il s’agit d’une Matrot M41 mise en service en 2004 dans le bassin parisien. C’est un concessionnaire local qui l’a vendue pour 25 000 €, offrant 5 000 € pour reprendre l’ancienne machine. La Cuma compte 35 adhérents sur cette activité pour 80 ha. Avec cette surface, il n’était pas question d’investir davantage. L’automotrice possède une effeuilleuse à simple rotor avec des fléaux en acier. La rangée de scalpeurs a été supprimée, car cet équipement n’a pas d’utilité pour les betteraves fourragères. Le système d’arrachage est à disques. Les racines sont soulevées, puis reprises par deux turbines, avant de passer dans le circuit de nettoyage composé de trois turbines supplémentaires.
La Matrot M41 ne dispose que d’une petite trémie de 5 m3. « Il faut une benne en permanence à côté, ajoute Sullivan Jaffrelot, le chauffeur de la machine. Les adhérents ont tout intérêt à implanter du maïs ou une prairie dans les fourrières et sur les côtés afin de faciliter le détourage et de gagner du temps à la récolte. La qualité de l’arrachage dépend de deux facteurs : la régularité du semis et la propreté de la parcelle. Dans un champ envahi de mauvaises herbes, il est impossible de sortir des betteraves propres. C’est pourquoi au semis, il faut éviter les parcelles comptant beaucoup d’adventices rampantes. Je déconseille aussi de semer de la betterave derrière une luzerne, car il reste souvent des racines qui reprennent vie et colonisent la culture. »
La tournée est planifiée
La récolte débute en octobre quand les ensilages sont terminés et s’étale sur cinq à sept semaines. La tournée de la machine est planifiée pour limiter les déplacements. L’automotrice est encombrante sur la route et pour des questions de sécurité, un adhérent de la Cuma roule devant avec son véhicule pour ouvrir la voie.
« À la récolte, il faut autant de bennes que pour un chantier d’ensilage, ajoute Gilles Elain. Je benne directement mes betteraves sur une dalle en béton, puis je n’y touche plus. Il ne faut pas relever le tas au godet pour essayer de gagner de la place. Cela abîme les racines et ensuite, elles pourrissent. Si la météo annonce des températures en dessous de - 5°C, alors je dépose une couche de paille dessus, puis je déroule une bâche. Celle-ci ne doit pas être en contact direct avec les betteraves. Pour la distribution, j’utilise ma pailleuse. La turbine hache les racines pour les déposer directement sur le maïs. Avec la betterave, je gagne environ un litre de lait par vache et par jour et les taux augmentent de trois points. »
Denis Lehé
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