Il n’y a pas que les journalistes qui peuvent écrire… (1)
Connais-tu le syndrome de la page blanche ? Ce mal sournois touche, à un moment ou à un autre, les plus grands écrivains, scribes, pamphlétaires, éditorialistes, journalistes et autres plumitifs. Il se manifeste par un état de profond découragement face à un rectangle de papier 21 x 29,7 cm ou à un écran. Ce sentiment d’avoir le cerveau comme une éponge (sèche), le stylo en suspens, la clope au bec… Le stress augmente au fur et à mesure que l’échéance approche. Vite, une idée ! S’ensuit une décharge d’adrénaline, le flash survient et tu couches l’article d’un trait sur le papier ou l’ordinateur. Ouf ! C’est fait.
On peut écrire son journal intime, un discours, une intervention , une lettre, un SMS ou, comme moi, une chronique sur ce que nous vivons au quotidien. Cette page que nous envient Le Monde diplomatique et Le Figaro, pour sa justesse de ton, sa finesse d’esprit, son élégance et sa hauteur de vue. C’est parfois une réaction épidermique face à une injustice, un règlement abscons ou inadapté, un contrôle effectué par un pinailleur. Ou encore une réflexion à partir d’un fait divers d’apparence anodine, mais qui, dans notre métier, revêt tout à coup un intérêt inédit.
Parfois des collègues me demandent comment je trouve les sujets. C’est souvent pendant les travaux répétitifs (traite, tracteurs…) que je me mets en pilotage automatique, et que je me raconte des histoires à partir d’un fait lambda. Il suffit de prendre quelques notes à la volée, puis de développer le sujet à tête reposée. Dans cette société en pleine évolution, le parler et les fake news prennent de plus en plus le pas sur l’écrit. Internet est un formidable outil de communication, mais ce qu’on y lit tient davantage de l’info orientée que de la littérature. Ce qu’on y trouve doit être spectaculaire pour maintenir le quidam en haleine.
Écrire permet de se poser, de réfléchir, de construire son argumentaire , ce qui amène synthèse et clarté dans le discours. On peut se relire, corriger, développer, couper, chose impossible dans une conversation dont l’immédiateté peut entraîner des incompréhensions et des quiproquos. C’est aussi un travail sur soi-même, à l’instar de celui réalisé par ces agricultrices du Limousin qui, à partir d’un atelier d’écriture, ont édité un recueil de poèmes sur leurs vies et leurs métiers.
Les paroles s’envolent, les écrits restent. Je n’ai pas la prétention d’être journaliste, moraliste ou pourfendeur d’injustice, j’espère simplement que tous les mois, tu passes un bon moment en lisant cette chronique.
(1) Tu peux compléter la phrase avec l’un des mots de cette liste non exhaustive : un éditorial, un article, un torchon, un pamphlet, un papier, une rubrique, une chronique, un reportage, un feuilleton, des conneries…
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