Seulement 8 % des éleveurs du réseau EDF couvrent leurs charges avec un lait à 250 €/t. Chacun espère que la crise ne durera pas trop.
En Allemagne 180€/t depuis trois mois, en Irlande 210 €. Partout en Europe, le prix du lait s'est effondré, restant le plus souvent inférieur à 250 €/t depuis la fin 2008. En avril 2009, la moyenne des laiteries observées par le LTO s'établit à 214,50 €. Réunis en congrès fin juin en Irlande, les éleveurs EDF (European Dairy Farmers) ont pu constater qu'ils rencontrent presque tous les mêmes difficultés. Avec un prix supérieur à 300 € au premier trimestre et surtout l'accord signé en juin – beaucoup ne retiennent que la valeur de 280 € – la France apparaît un peu surréaliste !
EDF a réalisé une enquête auprès de ses membres pour évaluer leur résistance, sur la base du calcul de leurs coûts de production.
Précisons que la méthode prend en compte toutes les charges, y compris la rémunération de la main-d'oeuvre et des capitaux (voir encadré). Seul le coût des quotas est éventuellement exclu. Les exercices comptables pris en compte se sont achevés de début 2008 à mi-2009. En moyenne, le prix perçu sur cette période s'élève à 355 €/t, pour un coût de production de 347 €/t. Mais si l'on tient compte du coût du quota, 16 €/t, le prix n'a pas couvert les charges l'an dernier.
RÉDUIRE LES CHARGES ET FAIRE LE GROS DOS
Depuis, la conjoncture s'est fortement dégradée. L'enquête a poussé plus loin pour voir la part de producteurs capables de couvrir la totalité de leurs charges avec un lait à 250 €. Ils ne sont que 8 %. Et le chiffre tombe à 6 % si l'on inclut le coût des quotas.
Autant dire que presque tous perdent de l'argent aujourd'hui.
La question est de savoir combien de temps ils peuvent tenir. EDF a réalisé un autre calcul en réduisant les charges liées à la main-d'oeuvre familiale de moitié. Si les éleveurs se serrent ainsi la ceinture, 48 % équilibrent à 250 €/t. Ce sont donc plus de la moitié des éleveurs qui ne gagnent plus leur vie. Même si les prix des intrants ont baissé depuis le second semestre 2008, ils restent pour la plupart supérieurs à leur niveau d'avant l'envolée. C'est particulièrement vrai pour les protéines. Beaucoup réagissent d'abord en essayant de réduire les charges. Certains veulent produire plus, ou moins, pour tenter de passer. D'autres spéculent sur la valeur des quotas ou des animaux. Ils sollicitent leurs partenaires. Un banquier néerlandais n'hésite pas à affirmer sa confiance dans l'avenir du secteur.
Mais il n'empêche que cette enquête montre bien que même les éleveurs plutôt performants de ce réseau sont en train de perdre de l'argent. Certains s'en sortent mieux, tels les Irlandais avec leur mode de production économe, ou les Britanniques qui profitent de la dévaluation de la livre. Mais la majorité fait le gros dos, attendant que les cessations allègent les marchés.
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