Pays de la Loire. Les filières de laits différenciés se distinguent dans les résultats économiques avec une meilleure marge brute.
Seenovia, entreprise de conseil en élevage des Pays de la Loire, qui s’étend sur six départements (incluant la Charente-Maritime), a présenté les résultats technico-économiques 2020-2021 de ses adhérents. Seenovia représente 5 272 élevages, soit environ 430 000 vaches en contrôle de performance (80 % des élevages de la zone). L’élevage moyen compte 75 vaches, à 8 150 kg brut/VL. « Alors que la production par vache stagnait précédemment, nous observons
Pour les 2 300 élevages de la zone Seenovia en suivi technico-économique, le prix moyen du lait conventionnel 2020-2021 se situe à 364 €/1 000 l, avec une remarquable stabilité par rapport à la campagne précédente – ce n’est qu’à partir de mai que le prix du lait français a vraiment augmenté par rapport à 2020. « Cette moyenne masque des écarts importants selon les producteurs : de 350 € à plus de 390 €. Des écarts qui n’existaient pas il y a cinq ans, et qui sont essentiellement liés à des filières de différenciation du lait portées par certains transformateurs », observe Frédéric Tattevin. Car les producteurs Seenovia livrent à Lactalis, Sodiaal ou Eurial, mais aussi à Bel, LSDH ou Saint-Père. Le prix moyen du lait bio est à 472 €/1 000 l, et il stagne depuis 2018.
Un surcoût de 15 à 20 €/1 000 l sur l’aliment
L’envolée des matières premières a-t-elle fait évoluer les charges opérationnelles des élevages laitiers ? Les chiffres de la campagne 2020-2021 ne permettent pas de les mettre à jour : le coût de concentré reste à 59 €/1 000 l et la marge sur coût alimentaire est de 209 €/1 000 l en moyenne. « Mais attention, en juillet 2021, le prix des concentrés, tout confondu, était de 320 €/t, contre 295 €/t en juillet 2020, avertit Frédéric Tattevin. Nous subissons actuellement une augmentation comprise entre 15 et 20 €/t, qui pourrait bien s’accentuer. » Cependant, en juillet dernier, le coût des concentrés, à 60 €/1 000 l, n’avait pas encore dérapé. Avec moins de 200 g/litre, les éleveurs avaient réussi, une météo favorable à l’appui, à maîtriser cette charge sur le lait d’été. Mais la hausse du coût alimentaire apparaît inéluctable pour les mois suivants.
Un prix du lait qui affecte la marge
Toujours pour les systèmes « silo ouvert », la marge brute est de 232 €/1 000 l, identique à l’an dernier. Le quart supérieur obtient 35 €/1 000 l supplémentaires, un écart qui se répète d’une année sur l’autre. Cette meilleure performance se décompose en - 13 € sur les charges et + 22 € sur le produit. Car ce sont des élevages mieux payés sur le prix du lait : + 13 €/1 000 l. Si la qualité du lait a un effet, le premier motif de ce bonus reste l’appartenance à une filière différenciée. « J’ai regardé également le quart des éleveurs les mieux payés en race prim’holstein. Ils sont à 385 €/1 000 l, soit 23 € au-dessus de la moyenne, analyse Frédéric Tattevin. Ils ne subissent que - 4 €/1 000 l de charges supplémentaires et obtiennent + 20 €/1 000 l de marge brute. Conclusion : quand on est mieux payé, on ne gaspille pas davantage et on gagne plus. »
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