 (© Agence Bio) |
L’essor de l’
agriculture biologique est incontestable. Mais l’objectif de 6 % de la Sau convertis en 2012 fixé par le Grenelle de l’environnement n’est pas atteint.
Fin 2011, seuls 3,5 % de la surface agricole (Sau) étaient convertis en bio et 950.000 ha étaient en mode production biologique. Mais 250.000 ha sont seulement en cours de conversion (2ème année essentiellement). La crise agricole de ces dernières années a suscité de nouvelles vocations.
Ceci dit, à l’instar du nombre d’opérateurs engagés en bio, ces surfaces ont plus que doublé depuis 2001, avec une progression très marquée depuis 2008 (+126 % en 2011 par rapport à 2001 et +63 % par rapport à 2008). Certaines filières comme la production fruitière ou la viticulture présentent des parts largement supérieures (9,6 % pour les surfaces fruitières fin 2010 et 6,1% pour la viticulture).
Le marché des produits biologiques alimentaires a presque quadruplé depuis 2001. Il s’élève, d’après les estimations provisoires, à près de 4 milliards d’euros fin 2011.
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 François Thiery, président de l'Agence Bio. (© Agence bio)
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Les circuits de distribution sont très variés. Plus de 80 % des ventes sont effectuées en Gms et magasins spécialisés. La vente directe (ventes à la ferme, marchés, Amap, paniers, etc.) et l’introduction de produits bio en restauration collective se développent. La vente directe représentait 11 % de la valeur du marché bio en 2010, soit 392 M€.
Consommer bio ou local ?
En 2011, plus de 12.000 exploitations bio déclaraient commercialiser tout ou partie, ne serait-ce qu’un peu, de leur production grâce à la vente directe au consommateur, soit plus de la moitié des exploitations bio françaises et deux fois plus qu’en 2008 (+22 % par rapport à 2010). Les exploitations utilisant le plus ce mode de commercialisation sont assez logiquement celles orientées vers la viticulture, la production de fruits et légumes et l’élevage.
Dans les prochaines années, c’est probablement le développement du « consommer local » et de qualité qui pourrait prendre le dessus sur le « consommer bio ». Une telle évolution ne présenterait que des avantages pour les agriculteurs. Les processus de production des produits agricoles sont moins contraignants et ils ne remettent pas en question l'objectif de dégager davantage de valeur ajoutée. La durée de conversion à l’agriculture biologique est parfois trop longue pour des candidats à l'installation dans l'obligation de dégager un revenu rapidement !
Enfin, la crise économique pourrait porter ombrage à la rentabilité de l'agriculture bio car moins de consommteurs achètent des produits alors que leur image de qualité reste intacte.
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