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 Un porc pourrait ainsi à l'avenir à nouveau manger des farines de volaille, mais plus des farines de porc comme c'était possible avant la crise de l'Esb. (© Terre-net Média)
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« Tant que je serai ministre de l'Agriculture, les farines animales ne seront pas réintroduites en France. J'en prends l'engagement », a déclaré Bruno Le Maire récemment au « Grand jury » Rtl/Lci/Le Figaro. «
J'ai en tête les 200 morts de l'Esb (Encéphalopathie spongiforme bovine) et les 23 décès en France (...) j'ai aussi en tête l'incapacité que l'on a eue pendant des mois et des mois à retracer l'origine de ces farines animales », a fait valoir M. Le Maire. «
Aujourd'hui je constate que l'on ne nous donne pas de certitude (...) personne ne m'écrit noir sur blanc que cela ne pose aucun problème de sécurité sanitaire pour les Français », a encore argué le ministre.
« En France, personne n'est pour la réintroduction des farines animales », a réagi le syndicat national des industriels de la viande (Sniv-Sncp) dans un communiqué mardi. Par « farines animales », le Sniv-Sncp entend les sous-produits animaux qui, aux termes de la règlementation européenne, présentent un risque pour la santé publique (cat 1 et cat 2) et qui doivent être éliminés par incinération. En revanche, les industriels se disent favorables à la réintroduction de protéines animales transformées (Pat) dans l'alimentation de certains animaux d'élevage, porcs, volailles et poissons. Ces Pat, toujours selon la règlementation européenne, sont issues d'animaux sains (cat 3), propres à la consommation de l'homme. Mais, étant le plus souvent peu présentables, elles sont soit jetées soit dirigées vers l'alimentation des chiens et chats. Xavier Beulin, le patron de la Fnsea, est aussi favorable à l'utilisation des Pat. Pas question, selon lui, d'utiliser les « déchets » mais « si en revanche c'est une partie des animaux que nous ne consommons pas, je rappelle que sur un animal nous consommons moins de 50 % de sa masse musculaire et de sa masse osseuse, pourquoi pas », a-t-il déclaré sur France Info.
Bruxelles a suggéré en juillet 2010 de lever l'interdiction du recours à certaines farines animales
Depuis quelques jours, la polémique a resurgi en France sur les farines animales, faisant suite à de « premières pistes de recommandation » émises par le conseil national de l'alimentation (Cna). Instance consultative des ministères de l'Alimentation, de la Santé et de l'Economie, le Cna, dont l'avis définitif, attendu pour septembre, a été reporté, plaide aussi pour un retour des Pat. D'abord dans l'aquaculture puis « dans un deuxième temps, et après un bilan bénéfices/risques, une extension éventuelle à l'alimentation des porcs et des volailles ». Le Cna est en phase avec la Commission européenne qui a commencé, suite à l'amélioration du contrôle de la chaîne alimentaire, à assouplir les règles draconiennes mises en place dans les années 1990 et 2000. Parmi ses propositions, Bruxelles a suggéré en juillet 2010 de lever l'interdiction du recours à certaines farines animales. Les autorités européennes n'entendent toutefois pas renoncer à l'interdiction, décrétée à l'occasion de la crise, de donner des protéines animales à des ruminants censés se nourrir d'herbe, ou à celle de nourrir un animal avec des protéines issues de sa propre espèce. Un porc pourrait ainsi à l'avenir à nouveau manger des farines de volaille, mais plus des farines de porc comme c'était possible avant la crise de l'Esb.
Les farines animales, soupçonnées d'avoir contribué à la propagation de la maladie de la vache folle, sont interdites dans l'UE depuis 1994 pour les animaux destinés à l'alimentation.
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