 Le développement de modèles pour réduire les impacts environnementaux en production animale est une tendance forte de ces dernières années.(© Terre-net Média) |
La filière élevage est souvent montrée du doigt pour sa « contribution » aux
émissions de gaz à effet de serre (Ges). La filière a donc souhaité préciser son réel impact en mettant en place des outils permettant de réaliser des bilans de gaz à effet de serre. L’objectif final est d’appréhender plus finement la contribution agricole «
au changement climatique, mais aussi d’anticiper leurs adaptations à ces changements », expliquait en décembre 2010 Romain Lardy, thésard à l’Inra, lors de la dernière édition des rencontres 3R à Paris.
Simuler un écosystème prairial
Pour répondre à cette demande sociétale et de filière, l’Inra de Clermont-Ferrand a ainsi lancé un programme de recherche sur un modèle permettant de simuler un écosystème prairial. L’objectif est de simuler, à l’échelle d’une parcelle, les flux de carbone, d’azote, d’eau et d’énergie à l’interface entre le sol, la végétation, les animaux et l’atmosphère. Ce modèle, dénommé « Pasim », pour Pasture Simulation Model, est en réalité composé de plusieurs sous-modèle, représentant chacun une composante (végétation, microclimat, biologie du sol, physique du sol…). Il simule donc le fonctionnement d’une parcelle de prairie en considérant les flux des principaux de Ges (CO2, N2O, CH4).
Dans le modèle, la végétation est une prairie permanente, composée de graminées et de légumineuses.
Combler les vides
« Le souci est que ce modèle n’intègre pas les mécanismes de régulation entre parcelles, ni les modes de productions autres que prairiaux, c’est-à-dire les grandes cultures », poursuivait Romain Lardy.
Pour combler ce vide, un nouveau modèle a donc été adjoint au premier : « Farmsim » intègre trois sous-modèles :
- « Pasim » ;
- le modèle « Ceres-Egc » qui simule les cycles eau-carbone-azote et permet de prédire à la fois la productivité et les bilans environnementaux des cultures, en lien avec les pratiques agricoles ;
- et un 3e module qui intègre le fonctionnement de l’exploitation d’élevage, y compris les phases hors-sol (alimentation des animaux, production de méthane et gestion des effluents d’élevage).
Au final, Farmsim « simule bel et bien le fonctionnement des prairies ». Il fonctionne en accord avec le guide méthodologique « Ges’Tim ». Ce dernier est la référence en matière d’estimation de l’impact des activités agricoles sur l’effet de serre. « Il est compatible avec les méthodologies internationales d’inventaire des émissions (Giec) et d’empreinte carbone des produits », précisait Romain Lardy. À noter enfin que la variabilité climatique est prise en compte dans toutes les simulations faites. « Cet outil permet de raisonner des bilans, en regard de scénarios prédéterminées, en mettant en évidence les éléments les plus contributeurs au bilan des Ges » poursuivait Romain Lardy. Actuellement utilisé dans les projets de recherche européen, « il va nous permet d’appréhender les problématiques liées au changement d’échelle, éléments nécessaires pour accroître notre force de prédiction des bilans Ges à une échelle globale » concluait-il.
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