« Les éleveurs ont pleinement conscience des conséquences technico-économiques d’une mauvaise gestion du
parasitisme. Mais sur le terrain, les pratiques de traitement sont encore parfois très habituelles voire standardisées. Le coût de cette gestion est par ailleurs bien souvent sur-estimé. » François Courouble, vétérinaire en Saône-et-Loire et membre de la commission parasitaire de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires, était l’invité mardi 22 mars 2011, d’une conférence sur le parasitisme organisée par le laboratoire Virbac. Pour lui, les éleveurs doivent bannir la
gestion systématique et plutôt s’engager dans une approche plus réfléchie du parasitisme.
La conduite d’élevage déterminante
« L’approche réfléchie tient compte de trois éléments : l’animal, le parasite et le milieu extérieur. Concernant les animaux, les différences d’âge et d’alimentation doivent influencer la gestion parasitaire. De même que cette gestion doit se conduire parasite par parasite. » L’expert insiste surtout sur l’influence du milieu extérieur. « La dynamique parasitaire et le risque d’infestation peut être analysé en fonction des caractéristiques des parcelles : prairies permanentes ou prés neufs, présence ou non de zones humides, présence ou non d’alternance de zones sèches et humides… »
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 Une mauvaise gestion du parasitisme peut engendrer des pertes économiques non négligrables (© Virbac)
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Selon l’expert, les variations annuelles de températures et d’humidité doivent aussi être prises en compte. Ces dernières doivent aiguiller les choix de l’éleveur dans sa conduite d’élevage. «
Le chargement à l’hectare, la rotation des pâturages et l’alimentation sont des critères primordiaux à connaitre pour analyser la relation bovin/parasite. »
Fixer des objectifs zootechniques
Avant d’analyser de manière approfondie tous ces paramètres, François Courouble recommande dans un premier temps de fixer des objectifs zootechniques. « Pour des bovins charolais mâles vendus à 10 mois, il s’agit d’obtenir une croissance maximale sans prise de risque possible et sans besoin d’acquérir une immunité maximale. A l’inverse, pour des génisses destinées au renouvellement d’un troupeau, l’éleveur doit donner la priorité à l’immunité maximale. Et c’est en fonction de l’objectif zootechnique que sera déterminé l’investissement intellectuel et financier nécessaire. »
Quel Intérêt les éleveurs ont-ils à s'engager dans une telle approche ? « En optimisant davantage la gestion du parasitisme, les éleveurs apprennent à contrôler l’ensemble des paramètres qui ont une influence sur la santé animale. Les traitements antiparasitaires ne sont plus perçus comme un coût, mais comme un investissement. »
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