Réglementairement, l’écornage est une recommandation du conseil de l’Europe parue en 1988 faite dans un cadre précis : l’écornage adulte est autorisé dans le cadre d’une ablation chirurgicale réalisée sous anesthésie.
Jusqu’à 4 semaines d’âge, l’ébourgeonnage par cautérisation (ou par voie chimique) est autorisé sans anesthésie. Au-delà de 4 semaine, cette dernière est obligatoire.
À noter enfin que la charte des bonnes pratiques d’élevage aborde également la question, dans son volet ‘hygiène et bien-être’.
L’Institut enquête
Pour clarifier la situation, l’Institut de l’élevage a réalisé deux séries d’enquête, en partenariat avec la junior entreprise d’AgroParisTech.
La première a porté sur 300 adhérents de la charte propriétaire ; la seconde, réalisée auprès d’une quarantaine de techniciens validateurs de la charte, est venue compléter le premier questionnaire fermé. Objectif des enquêteurs sur cette seconde enquête : « construire des hypothèses sur les freins et autres motivations des éleveurs », expliquait le 3 décembre dernier Florence Kling-Eveillard, de l’Institut de l’élevage, en rapportant les résultats de l’enquête lors des 3R à Paris.
Un écornage quasi-généralisé en France
Cet état des lieux français confirme que la pratique est très majoritaire dans les troupeaux laitiers, et dominante dans les troupeaux allaitants (lire ici les résultats des études).
« Le choix d’écorner ou non est souvent pris en fonction du mode de logement et de conduite, voire de certaines particularités régionales » poursuivait Florence Kling-Eveillard. « Pour les éleveurs, l’écornage ou le maintien des cornes n’est pas un détail, mais bel et bien un choix, souvent ancien, associés à des façons de travailler et de conduire les animaux. »
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 L’enquête réalisée par l’Institut de l’élevage, en partenariat avec AgroParisTech, en 2009, sur les pratiques d’écornage en France a mis en évidence des choix différenciés par les éleveurs selon les régions : on rencontre ainsi moins d’écornage dans le Massif central. (© CZ)
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De fait, un changement d’attitude est rare car cela implique souvent de modifier, outre ses équipements, sa conduite. «
On constate également que le recours à la médication est relativement rare, à l’exception de l’écornage adulte » relevait la spécialiste de l’Institut de l’élevage, poursuivant par ailleurs sur l’émergence d’un consensus au niveau des éleveurs : «
ils ont quand même tendance à privilégier l’écornage d’animaux jeunes, voire le plus jeune possible. Pour eux, c’est à la fois plus pratique à réaliser et moins douloureux pour l’animal : sur un animal jeune, la corne est plus petite, alors que sur un animal adulte, il s’agit de l’ablation d’un organe visiblement irrigué qui entraînerait une douleur bien plus élevée ».
Pour aller plus loin :
www.inst-elevage.asso.fr.
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