Les exploitations bio sont rarement autonomes, en particulier si l’on s’attache plus spécifiquement au poste ‘concentrés’. C’est ce qui ressort d’une enquête menée entre 2000 et 2006 par l’Institut de l’élevage. Résultats.
![]() Jérôme Pavie de l’Institut de l’élevage, le 9 septembre dernier à Loriol, pendant le salon Tech & Bio. (© CZ) |
Dans le détail, l’étude réalisée sur 7 campagnes constate sur cette période une augmentation des quotas laitiers (+8%) proportionnelle à l’augmentation de la SAU qui passe de 80 ha à 97 ha en moyenne, soit une augmentation de 23%. Les enquêteurs relèvent également une augmentation du nombre de vaches laitières (+16%), du chargement UGB (+12%) et de la surface « essentiellement pour la production fourragère » souligne-t-il. En effet, la progression de la SFP est privilégiée : sur 17 ha moyen d’agrandissement dont 14 ha dédiés à la SFP.
Aucune marge de sécurité
« En 2003, mais aussi en 2001 qui avait été une année humide et froide, les temps de pâturages ont été raccourcis avec des faibles pousses estivales », poursuit Jérôme Pavie. En moyenne, les exploitants ont donc récolté environ 200 tonnes de fourrages sur les trois premières années. Logiquement aussi, ils ont du se résoudre à acheter deux fois plus de fourrages portant à 50 tonnes en moyenne les achats, contre 25 tonnes en année normale. « Le principal enseignement est que les éleveurs n’ont finalement aucune marge de sécurité, comprenez, de stocks de sécurité. » Sans incident climatique, les éleveurs récoltent en moyenne 90% de la SFP, soit 3,2 tonnes de matières sèche par hectare (tMS/ha) ; avec incident climatique, ce taux tombe à 70% (2003).
Plus d’achats extérieurs en bio
En 2007, une comparaison a été faite entre les exploitations conventionnelles et les exploitations bio : il s’avère que les résultats montrent que, contrairement aux idées reçues, les exploitations bio achètent bel et bien plus de fourrages à l’extérieur ! Le taux des exploitations achetant des fourrages est en effet de 37% en agriculture conventionnelle, contre 55% en agriculture bio, d’après cette enquête.
« Ces chiffres mettent en évidence que tout ce qui touche à la durée et à la qualité du pâturage pénalise les systèmes conduits en bio. Même lorsque le système est optimisé, on constate que les agriculteurs ont de très faibles marges de sécurité qui ne permettent malheureusement pas de compenser les années où les aléas climatiques sont très forts », détaille Jérôme Pavie.
Cette faiblisse des stocks obligent donc les éleveurs à adapter le cheptel (lire ici), avec une réduction progressive du chargement, qui passe de 1,25 en 2000 à 1,15 en 2004/05. « Cette baisse traduit la recherche d’un équilibre alimentaire avec une légère désintensification avec l’augmentation visible de la SAU », relève Jérôme Pavie.
Le saviez-vous ?Le pâturage augmente malheureusement le risque d’infestation parasitaire, et la gestion des pâtures s’avère très importante pour le contrôle des parasites. Les stratégies idéales pour contrôler les parasites consistent à déplacer les troupeaux et/ou à alterner des espèces animales différentes au pâturage (lire ici). |

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