En 2008, on dénombre environ deux fois moins d’exploitations professionnelles qu'en 1990. Dans le même temps, le revenu agricole de "la ferme France" n'a cessé de baisser. Aussi, le déclin démographique n'a pas profité aux exploitants encore en activité.
![]() La valeur ajoutée de la production agricole a échappé aux exploitants (© Terre-net Média) |
Par ailleurs, ces dernières années se sont traduites par une plus grande disparité des revenus entre exploitants et une nouvelle hiérarchie entre les catégories. Les revenus des viticulteurs étaient 3,2 fois plus élevés en1990 que les producteurs de bovins et d’ovins viande. Aujourd’hui, ils disposent d’un revenu par actif non salarié inférieur de 13% à leur niveau de 1990, et même de 50% en euros constants si on prend en compte l’inflation. En revanche, les revenus des producteurs « grandes cultures » s’établissent à plus de 89% au dessus de leur niveau de 1990, soit un gain de pouvoir d'achat de 50 points environ si on prenait en compte l’inflation.
Les éleveurs laitiers ont vu progresser leur revenu au même rythme que l’inflation, exception faite de l’année 2008 (cf article sur le revenu en production animale).
Les écarts se creusent
Les grands perdants de ces 18 dernières années sont les éleveurs hors sol dont le revenu de 2008 équivaut environ à un tiers de celui de 1990, après inflation. Quant aux éleveurs ovins, le recul est aussi patent puisqu’au final leur revenu est en monnaie constante de moitié à celui perçu 18 ans plus tôt.
Résultat, toutes catégories confondues, les écarts de revenu vont de 1 à 4,5 entre les éleveurs ovins et bovins viande et, les « viticulteurs d’appellation ». Les producteurs grandes cultures disposent de revenus trois fois plus élevés que les moutonniers. Avec les éleveurs laitiers le ratio est de deux. Les producteurs de porcs et de volailles sont dorénavant à des niveaux de revenu parmi les plus faibles.
Ces tendances en matière de revenu sont d’autant plus troublantes que le nombre d’exploitants a été divisé au moins par deux depuis 18 ans ! Ainsi, le déclin démographique n’a pas profité depuis 1990 à l'ensemble des exploitants encore activité. D’où les nombreuses manifestations des éleveurs portant sur le revenu, sur la répartition de la valeur ajoutée ou encore la fixation des marges entre distributeurs, industriels et consommateurs.

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