Implanter une prairie multispécifique, c’est tenir compte d’intérêts agronomiques et alimentaires de ces couverts variés. Eléments d’information.
Autre composante à prendre en considération : certains trais foliaires sont liés à la qualité. Ainsi, la fétuque rouge est une espèce à forte teneur en parois cellulaires et en matière sèche, tandis que le RGA est particulièrement pauvre dans ces deux composantes. « Or, plus il y a de parois, moins c’est digestible ; dans ce cas, la fétuque rouge est bien moins digestible que le Rga », explique Christian Huygues, directeur de recherche à l’Inra de Lusignan.
Par ailleurs, les écarts de digestibilité entre les espèces sont amplifiés par les stades de maturité (effet de la date d’épiaison). En général, cette digestibilité baisse au-delà de ce stade, ce qui est logique puisque la teneur en parois augmente. Ainsi, plus les espèces sont tardives à épiaison, meilleure est leur digestibilité.
Le rôle des composants mineurs
Au-delà du taux de matière sèche et de la date d’épiaison, deux valeurs importantes pour établir la digestibilité (valeur alimentaire) d’une espèce, certains composés secondaires présents dans certaines plantes peuvent également modifier la valeur d’un fourrage diversifié. Il s’agit notamment des tanins et du polyphénol oxydase.
Les tanins, présents dans le sainfoin ou le lotier corniculé, réduisent la dégradation des protéines dans le rumen. Les protéines complexées avec des tanins sont moins dégradées dans le rumen et peuvent alors être absorbées au niveau de l’intestin. Dans le rumen, elles ne s’associent pas entre elles, ne formant ainsi pas de réseau. « En clair, les espèces à tanins sont non-météorisantes », résume Christian Huyghe. Le polyphénol oxydase (très abondant dans le trèfle violet mais aussi présent dans certaines graminées comme le dactyle) réduit également la dégradation des protéines dans le rumen.
Taux de protéine
Reste qu’un des difficultés de ce système complexe est la stabilité au long des cycles de la qualité du fourrage. La part de trèfle blanc dans la biomasse augmente la teneur en matière azotée totale (Mat, taux de protéine). Le rythme des coupes va toutefois influer sur la quantité de protéines et la solubilité enzymatique. Des coupes espacées de 45 à 50 jours abaisseront la solubilité et la teneur en MAT, à l’inverse, des coupes plus rapides (de 25 à 30 j) amélioreront ces deux points, mais réduiront la quantité de biomasse produite. « On observe aussi une baisse de la digestibilité en été, mais les espèces ont à l’inverse une meilleure ingestibilité. Les fourrages d’automne offrent à la fois une meilleure digestibilité et ingestibilité. »
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