Les fusariotoxines en alimentation animale sont seulement concernées par une recommandation européenne, plus faible qu’un texte réglementaire, qui exclu les espèces les plus sensibles comme les porcs.
Dans les élevages, la présence de mycotoxines dans les céréales s’accompagne d’un manque à gagner pour l’éleveur : baisse de consommation et de rentabilité. Mais à ce jour, le cadre réglementaire n’offre pas de clarification suffisante. La législation sur les mycotoxines dans l’alimentation animale est pour le moins floue, ambiguë et incomplète. Le seul outil réglementaire qui concerne les fusariotoxines est la recommandation européenne 2006/576, « qui est importante mais dont on ne sait pas comment la prendre », souligne François Grosjean, ingénieur Arvalis Institut du Végétal (1). « Elle s’adresse aux Etats et non aux exploitants du secteur de l’alimentation animale, sans préciser comment les Etats devraient veiller à faire appliquer les teneurs maximales recommandées. Elle se présente davantage comme un plan de surveillance et de contrôle qu’un outil véritablement réglementaire. Elle ne dit rien en matière de prélèvements et d’analyses et notamment elle ne spécifie rien au sujet des fourrages dont on sait qu’ils sont davantage contaminés par les mycotoxines. En effet, elle globalise les céréales, co produits et fourrages dont les niveaux de contamination sont très différents. Enfin, le problème des mycotoxines est plus accru chez les espèces sensibles telles que le porc, une espèce qui n’est justement pas concernée par cette recommandation. »
En outre, les additifs utilisés par les éleveurs pour absorber ou inactiver les mycotoxines et qui ont une efficacité certaine bien que variable selon les mycotoxines, sont commercialisés par la voie d'une autorisation pour un autre usage sans que l’on sache si ces additifs sont autorisés ou interdits. «Probablement que dans un avenir proche, la législation « alimentation animale » va se durcir», prévoit François Grosjean. « Cela permettra peut-être de définir un cadre plus strict pour savoir qui prend en charge le manque à gagner de l’éleveur dans le cas d’un lot de céréales fortement contaminé après avoir été vendu à un organisme stockeur puis un fabricant d’aliment.»
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