La technique du lisier frais consiste à évacuer quotidiennement les déjections des porcheries. Pour le bien-être de l’animal qui retrouve une atmosphère plus saine, pour le confort de l’éleveur qui respire moins d’ammoniac et pour la qualité de l’environnement qui reçoit un air moins chargé. La station de Guernévez teste plusieurs solutions.
![]() Sous le gisoir drainant des gouttières évacuent les déjections. Le liquide de la chasse-d’eau est la phase liquide du lisier. (© Photo Françoise Foucher) |
En mars dernier, tous les élevages concernés par la Dep (déclaration des émissions polluantes) ont dû rendre leur copie. Les installations classées de plus de 750 truies ou plus de 2.000 porcs charcutiers doivent désormais obligatoirement signaler leurs émissions d’ammoniac dans l’atmosphère.
L’une des techniques pour limiter les émissions d’ammoniac est le traitement du lisier frais, qui consiste à évacuer plusieurs fois par jour les déjections des porcheries : le lisier n’a pas le temps de fermenter, il ne dégage pas d’ammoniac.
- L’architecture du bâtiment
Pour cela, les fosses sous caillebotis peuvent être diversement aménagées, selon deux systèmes d’évacuation utilisant l’énergie mécanique ou hydraulique.
Un système fréquemment installé au Canada
« À Guernévez, nous testons un fond de fosse en V, dôté d’une gouttière centrale », explique Yannick Ramonet, ingénieur d’étude du pôle porcs-aviculture des chambres d’agricultures de Bretagne. « Les urines s’écoulent dans la gouttière et sont récoltées dans un déversoir. Les fécès qui restent sur les pentes du V sont évacuées par un racleur mécanique. C’est un système fréquemment installé au Canada. »
![]() Après avoir été testé dans une salle, le système de fond de cuve en V associé à un racleur et une rigole de réception des liquides est installé à plus grande échelle dans un nouveau bâtiment de la station de Guernévez. (© Photo Françoise Foucher) |
Les systèmes hydrauliques testés à la station
![]() Le lisier dilué, après avoir été séparé de sa phase solide par centrifugation, passe par deux bioréacteurs avant d’être filtré dans l’ultra-membrane et repartir en tête de circuit pour assurer la chasse d’eau. (© Photo Françoise Foucher) |
- Le choix du liquide
Dans ces système hydrauliques « pas question d’utiliser de l’eau fraîche, issue du réseau, qu’il faudrait ensuite stocker et retraiter », explique Yannick Ramonet. « L’idéal est d’utiliser un liquide provenant du lisier lui-même. Sur le gisoir drainant nous réinjectons la partie liquide pour assurer la chasse d’eau, mais il faut bien isoler les déjections par salle pour ne pas mélanger les microbismes. » L’utilisation du lisier simplement séparé de sa phase solide n’est pas complètement satisfaisante car elle génère un pic d’émission d’ammoniac au moment de la chasse d’eau et ne présente pas les qualités optimales du point de vue sanitaire.
Le liquide issu du « lombrifiltre »
![]() Le « lombrifiltre » est constitué d’un support à base de copeaux et plaquettes de bois dans lequel vivent 20.000 vers de terre au m2 ! (© Photo françoise Foucher) |
À Guernévez, plusieurs types de liquides sont testés. Le plus original est sans conteste le liquide issu du « lombrifiltre » : le lisier évacué de la salle d’engraissement est aspergé rapidement selon un cycle très précis sur un mélange de plaquettes de bois et de lombrics, à raison de 20.000 vers de terre par m2 ! Selon les premiers résultats, le « lombrifiltre » retient une partie du phosphore et de la potasse et assure une dénitrification par un procédé que les chercheurs n’ont pas encore réussi à expliquer.
L’autre liquide est le lisier dilué purifié par le système de bio-réacteur et ultra-filtration, actuellement testé par Veolia*.




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