"Hier (mercredi), à 16h, je devais théoriquement tuer mes poulets. A 18h, j'ai appris que j'avais le droit de les vendre", raconte Jean-Claude Bouvier, éleveur à Neuville-les-Dames, dans la zone de protection établie après la découverte du virus H5N1 dans un élevage à Versailleux, le 23 février. La préfecture de l'Ain a annoncé mercredi que l'ensemble des volailles élevées dans cette zone de protection, qui englobe 70 communes, seraient de nouveau commercialisables à partir de samedi.
Même si la nouvelle est plutôt positive, la situation reste "incompréhensible" aux yeux de M. Bouvier, membre de la Confédération paysanne, qui regrette que "l'empilement des mesures ne rende la situation intenable pour certains éleveurs". "On est satisfait que la commercialisation reprenne", renchérit Marie-Paule Meunier, porte-parole du Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse (CIVB), tout en déplorant "les effets d'annonces pas compréhensibles pour les consommateurs".
L'annonce de la mise en oeuvre, mardi, d'un dispositif d'abattage - destiné à débarrasser les éleveurs volontaires de la zone de protection des volailles qu'ils n'avaient plus le droit de vendre depuis le 23 février - lui a paru particulièrement néfaste pour la filière. "Les gens ont pensé: +si vous abattez, c'est que les volailles sont impropres à la consommation+. En autorisant la commercialisation on revient à la normale, mais cela nous a fait du mal", souligne-t-elle.
Gérard Mucke, directeur de la Fédération départementale des syndicats des exploitants agricoles (FDSEA), reconnaît que la situation est complexe. Selon lui, "on ne peut pas comprendre la situation si on ne vit pas dans l'Ain aujourd'hui". "Tout ce qui va dans le sens d'un assouplissement des mesures sanitaires est une bonne nouvelle", dit-il, avant d'ajouter: "on espère maintenant qu'il y aura des acheteurs pour les volailles de la zone".
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