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Comment l’Espagne a géré la crise de la dermatose nodulaire contagieuse ?

D'après la plateforme ESA, l'Espagne un déclaré un total de 18 foyers entre le le 1er octobre et le 23 décembre 2025.

Le 3 octobre, l’Espagne enregistrait son premier cas de dermatose bovine. Aujourd’hui, l’épizootie semble contenue, après la détection de 18 foyers.

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À l’occasion d’une séance de l’Académie vétérinaire de France, le docteur vétérinaire Marta Dordas-Perpinya a expliqué comme l’Espagne gère la crise de la dermatose nodulaire contagieuse. Si la gestion française de l’épizootie a fait l’objet de vives critiques, force est de constater que nos voisins ont mis en place des mesures relativement équivalentes, si ce n’est plus strictes.

« Le 3 octobre est notre 29 juin à nous », lance Marta Dordas-Perpinya. C’est à cette date qu’a été détecté le premier cas de DNC en Catalogne, au nord est du pays. Le 6 octobre, un second foyer était confirmé. « Peut-être était-ce même le premier. Il y avait plus de mouvements d’animaux sur cette structure. L’élevage présentait des cas peu symptomatiques, et on s’est demandé si le virus ne traînait pas sur la ferme depuis quelque temps… » D’autres foyers ont suivi. « On a commencé à avoir peur, explique la vétérinaire. La zone est assez concentrée en élevage, il y avait vraiment un risque pour que ça explose ».

Mais la réponse du ministère de l’agriculture a été très rapide. « Nous avons bénéficié du retour d’expérience de la France. » Le 9 octobre, soit six jours après la détection de la maladie, la campagne vaccinale débutait. « Nous avons eu les doses très rapidement », note Marta Dordas-Perpinya.

Toute la Catalogne à l’arrêt

Pendant ce temps, toute la Catalogne était à l’arrêt. « Même les concours hippiques ont été annulés. » D’autant que la région est un point de passage stratégique pour le transport d’animaux. « Il y a beaucoup de bovins qui passent les Pyrénées pour être engraissés en Espagne », rappelle Marta Dordas-Perpinya. À la frontière, les gendarmes contrôlaient systématiquement toutes les bétaillères. « Une escorte était prévue pour accompagner les transports d’animaux jusqu’à la sortie de la zone réglementée. » Une manière d’éviter tout arrêt pouvant entraîner une dispersion de la maladie.

Comme en France, les exploitations des zones réglementées ont été confinées, avec interdiction de procéder à des mouvements d’animaux.

18 foyers à date

Cette réactivité a permis à l’Espagne de contenir la maladie. À date, 18 foyers ont été recensés, et l’Espagne n’en a pas détecté de nouveaux depuis le 23 décembre.

La vétérinaire a également tenu à souligner l’implication de tous les acteurs de la filière. « Tous les soirs à 20 h, il y avait une visio avec le ministre et les acteurs de terrain. » L’occasion pour les autorités de faire le point sur l’actualité de la journée, et permettre le dialogue. « Je me souviens d’avoir envoyé un message au ministère pour demander un soutien psychologique chez un éleveur. Le lendemain matin, c’est le ministre en personne qui s’est présenté sur la ferme pour discuter », se remémore Marta Dordas-Perpinya.

Une vaccination rapidement déployée

En parallèle, la vaccination contre la DNC s’est rapidement déployée. « La campagne a démarré à un rythme incroyable, avec 6 à 8 000 animaux vaccinés par jour. » À partir de mi-novembre, la vaccination était étendue à toute la Catalogne. 369 000 animaux ont été vaccinés en zone 1 et 152 000 animaux en zone 2. Une dernière zone vaccinale, le long des Pyrénées, a été instaurée pour éviter l’arrivée de la maladie par la frontière. « Mais nous avons un peu de mal à aller chercher les derniers éleveurs », admet la vétérinaire.

Un cas, détecté au nord du pays provient justement d’une structure ayant partiellement vacciné son troupeau. Si bien que le gouvernement menace les antivax au portefeuille. « S’il n’y a pas de vaccination, le gouvernement menace d’interdire les mouvements d’animaux sur les fermes concernées. Même pour l’abattoir. » Le ministère a également émis l’hypothèse de revoir les primes Pac des structures refusant la vaccination. « Tout n’a pas été parfait, mais nous avons pu compter sur l’attitude professionnelle de la majorité des parties prenantes de la filière. »

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