 Des charolais bio vendus jusqu'à 4 euros par kilo. (© Terre-net Média) |
Ce qu’est parvenu à réaliser le bio, pourquoi le conventionnel n’y arriverait pas ? Au Space à Rennes, des éleveurs bio ont présenté (1) leur organisation commerciale pour valoriser leurs productions. Elle semble être une réussite. Elle repose sur deux principes : la contractualisation et l’anticipation.
C’est par nécessité que les éleveurs ont bâti une filière commerciale propre à leurs produits. La pérennité de leur conversion en dépendait. Il n’était pas question, selon eux, que la grande distribution mette la main sur la commercialisation de leurs produits et que les éleveurs bio voient alors la valeur ajoutée leur échapper. Résultat, question contractualisation, les éleveurs bio ont plusieurs longueurs d’avance.
Planifier et anticiper
Selon Corentin Hamard, éleveur et responsable commercial de l’organisation de producteurs Erca Bio–filière bovine qui regroupe plus de 160 éleveurs, la règle d’or de cette organisation commerciale est l’anticipation. Anticiper pour prendre connaissance, au moins deux mois à l’avance, du nombre d’animaux livrés par les éleveurs. Anticiper pour que la coopérative et l’organisation nationale Unebio à laquelle elle est adhérente, trouvent les débouchés pour valoriser en produits bio les animaux à vendre. Enfin, anticiper pour préparer la venue sur le marché de nouveaux éleveurs actuellement en conversion. A l’horizon de 2015, 3.000 éleveurs livreraient 35.000 bovins, 250.000 volailles 40.000 agneaux et 5.000 veaux. Aujourd’hui, Unebio fédèrent les 1.500 adhérents des groupements régionaux membres dont Erca-Bio de Bretagne.
Le groupement Biodirect a retenu ce même modèle d’organisation à l’échelle nationale pour écouler la production de porcs bio de ses adhérents.
« La planification a comme avantage d’impliquer les éleveurs en étant responsables de la valorisation de leurs produits », défend Caroline Voland, responsable de Pôle Ouest Unebio.
Bio-direct paye les porcs 3,50 euros par kilo
Les éleveurs de bovins sont payés selon des grilles de prix fixes établis à l’échelle nationale. Ils sont supérieurs de 23 % aux prix des animaux conventionnels. Les charolais sont payés jusqu’à 4 euros/kg de carcasse.
Ces grilles prévoient par ailleurs des primes de planification de 20 à 25 euros et de saisonnalité selon le type d’animal livré. Elles couvrent aussi le risque que représente l’écoulement des animaux excédentaires sur le marché conventionnel.
En production porcine, Bio-direct paye les porcs 3,50 euros par kilo. Ce prix implique une planification de la production très poussée avec entre autre une maitrise des conversions pour que le marché de la viande bio de porc ne soit pas excédentaire. Bio-direct assure aussi le suivi technique des éleveurs, et établit différents cahiers des charges pour répondre à la demande de ses clients.
La Commission européenne projette la perte de 2,85 millions de vaches d’ici 2035
Moins de lait et plus de viande : Emmanuel Pouleur prépare sa « seconde partie de carrière »
Asie, Afrique, Balkans… Comment les autres pays traitent la dermatose bovine ?
Verdun, un taureau d’exception fait monter les enchères à 30 800 € à Lanaud
De l’orge aplatie dans l’enrubannage : « je fais des plats préparés pour mes vaches »
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Annie Genevard annonce 300 M€ supplémentaires face à la crise agricole
Décarbonation : transformer la contrainte en opportunité