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Levier n°8Pour plus d'autonomie protéique par la voie concentré

Pour réduire la dépendance vis-à-vis du tourteau de soja, les graines protéagineuses de pois, féverole et lupin font figure de bonnes élèves. Bien valorisées par les animaux, elles autorisent de bonnes performances laitières. Mais leur mise en place dans l’assolement et leur transformation à la ferme peuvent être contraignantes.

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Les protéagineux, un potentiel azoté à explorer en élevage laitier

Comment choisir entre pois, féverole et lupin ?

Bien que loin de pouvoir rivaliser avec les tourteaux de soja ou de colza sur le plan azoté, le pois, la féverole et le lupin ont cependant des atouts nutritionnels à faire valoir pour le rationnement des animaux du troupeau laitier (voir Tableau 1).

Tableau 1 : Principales valeurs nutritionnelles du pois, de la féverole et du lupin, comparées à celles des tourteaux de soja et colza

Le choix de la culture la plus appropriée à votre exploitation est à discuter avec votre conseiller d’élevage. Il doit se faire au regard des exigences de l’itinéraire technique de chaque culture² et du contexte pédoclimatique de l’exploitation : les sols acides et calcaires ne sont pas favorables aux protéagineux et le pois et la féverole peuvent être sensibles au manque d’eau à la fin du cycle de culture. Les besoins du troupeau sont aussi à prendre en considération.

La valorisation des protéagineux à la ferme : un nouvel atelier sur l’exploitation

La culture et la transformation des protéagineux doivent être considérées comme un nouvel atelier sur l’exploitation, avec une main d’œuvre dédiée :
- en premier lieu parce que l’itinéraire technique de ces cultures, relativement simple, est exigeant en termes de désherbage (peu de produits homologués) ; or, le désherbage est essentiel dans la réussite
de ces protéagineux ;
- ensuite parce que ces cultures peuvent être concurrentielles des blés au moment du semis et de la récolte ;
- enfin parce que la transformation des graines avant distribution est indispensable, les graines entières étant mal valorisées par les animaux ; un investissement dans un atelier de transformation est donc à prévoir. Le pois et la féverole étant riches en amidon, on préfèrera un aplatissage (plutôt qu’un broyage à moins qu’il soit grossier) pour éviter d’accélérer la fermentation ruminale acidogène.
A noter que les graines de protéagineuses peuvent être traitées à l’ammoniac anhydre pour faciliter leur stockage. En outre, cette pratique améliore leur digestibilité et leur teneur en PDIN.

Pour le rationnement : des équivalences et des astuces à connaitre

Plusieurs essais ont démontré que les performances laitières permises par les rations contenant des protéagineux sont globalement comparables avec celles obtenues avec des rations incluant des tourteaux de colza. Le lupin a toutefois tendance à augmenter la matière grasse.
D’un point de vue pratique :
- lorsque plus de la moitié de la ration est à base d’herbe pâturée ou ensilée, les protéagineux peuvent être utilisés comme unique concentré ;
- lorsque la ration est à base d’ensilage de maïs ou d’herbe pauvre en azote, les protéagineux doivent être complémentés avec un correcteur azoté tanné (tourteau de colza tanné) pour combler le déficit de la ration en PDIE.
Dans tous les cas, l’apport doit être limité à 5 kg/j pour le lupin ou la féverole et à 6 kg/j pour le pois. Le pois et la féverole étant riches en amidon, pour les rations contenant des céréales, il est impératif de veiller à ne pas dépasser 27 % d’amidon dans la ration, pour éviter les risques d’acidose.

Le gain économique (par rapport à une distribution de tourteau de soja) est variable selon le système et le cours des matières premières. Il est le plus souvent modeste voire négatif surtout lorsqu’il faut investir dans le stockage et à la transformation à la ferme. Mais cette pratique peut aussi être valorisée grâce à d’éventuelles plus-values sur la production, dans le cadre de cahiers des charges spécifiques.

Pour aller + loin
Consulter le dossier de 10 fiches pratiques « Améliorer l’autonomie alimentaire de son exploitation laitière ». Ed. Cniel et Institut de l’Élevage, 2015

PDIA : Protéines Digestibles dans l’intestin provenant des protéines alimentaires non dégradées dans la panse

PDIN : Protéines Digestibles dans l’intestin grêle (PDI) permises par l’azote (N)

PDIE : Protéines Digestibles dans l’intestin grêle (PDI) permises par l’énergie (E)


² L’itinéraire technique du pois, de la féverole et du lupin sont détaillés dans le dossier « Améliorer l’autonomie alimentaire de son exploitation laitière » Fiche n°8. Ed. Cniel et Institut de l’Élevage, 2015.

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