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Levier n°5 bisPour une plus grande autonomie fourragère

Pour en finir avec les rendements fourragers irréguliers, très dépendants du climat, ou pour prolonger les périodes de pâturage, la solution des prairies d’associations multi-espèces ou des inter-cultures fourragères est à envisager sérieusement.

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Les associations multi-espèces et inter-cultures fourragères : votre assurance fourrages

Les prairies multi-espèces, une solution pour sécuriser le système fourrager
Une prairie multi-espèces (PME) est semée avec au moins 3 espèces de 2 familles différentes (le plus souvent graminées et légumineuses). Les espèces de ce mélange doivent être complémentaires en termes de période de végétation maximale, rendement, valeurs nutritives et sociabilité entre espèces pour que la prairie soit robuste et constante dans ses rendements. Elles doivent aussi être choisies en fonction des conditions de milieu (sol et climat) et de la valorisation prévue (fauche et/ou pâturage).
Lorsqu’elles sont bien équilibrées, les PME permettent de sécuriser le rendement fourrager (+ 1,5 t MS/ha par rapport à une prairie RGA-Trèfle blanc), avec des valeurs alimentaires comparables sur les stades feuillus.

Les recommandations pour élaborer un mélange multi-espèces et pour réussir l’implantation du couvert sont à retrouver dans l’ouvrage « La prairie multi-espèces »1. Soulignons ici l’importance du choix de la période d’implantation, du travail du sol (lit de semence fin sur un sol ferme en profondeur) et de la fertilisation pour réussir la mise en place de ces cultures. L’alternance des modes d’exploitation permet un meilleur équilibre de la végétation, le pâturage ayant tendance à sélectionner les espèces « gazonnantes » (RGA, Trèfle blanc, agrostis) et la fauche les espèces à port dressé.

Les inter-cultures fourragères, des soudures pour passer l’été et le début d’hiver
Les espèces fourragères implantées en inter-cultures sont des cultures « soudures » de courte durée, permettant de produire des fourrages très tôt en sortie d’hiver ou en été, lorsque les ressources sur pied peuvent manquer. Elles participent à la sécurisation du système fourrager en réduisant les besoins en fourrages stockés en période estivale et/ou hivernale. Parmi les inter-cultures les plus implantées, citons :
- le sorgho fourrager, à implanter en mai-juin, résistant au sec, à croissance rapide ; il atteint un rendement de 8 à 12 t MS/ha en 3 à 4 coupes ;
- le colza fourrager, à semer en août-septembre, atteint en 60 à 120 jours entre 4 à 6 t MS/ha ;
- le trèfle d’Alexandrie, espèce de printemps, peut être fauché ou pâturé car il est peu météorisant et très appétent ;
- le moha, à semer entre mai et juillet, présente une excellente résistance à la sécheresse et une croissance rapide (70 à 80 jours) mais sa valeur alimentaire est faible.

Quels impacts économiques ?
Avec les PME et les inter-cultures, la période de pâturage est allongée et le système fourrager sécurisé grâce à des rendements fourragers plus élevés. En période de pâturage, sur de l’herbe feuillue de qualité, l’apport de correcteur azoté peut être sensiblement réduit, impactant de facto le coût alimentaire. Ces deux types de prairies, intéressantes tant d’un point de vue technique qu’économique, requièrent toutefois une maitrise dans la conduite de la culture (choix des espèces, stade de récolte…) et dans l’évaluation de la valeur alimentaire des fourrages. Un conseiller « Fourrages » saura vous orienter vers la solution la mieux adaptée à votre situation.

Pour aller + loin
Consulter le dossier de 10 fiches pratiques « Améliorer l’autonomie alimentaire de son exploitation laitière ». Ed. Cniel et Institut de l’Élevage, 2015


1 La prairie multi-espèces – Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, Mai 2007

PME : Prairie Multi-Espèces

MS : Matière sèche

RGA : Ray Grass Anglais

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