Menu

Publi-information

Levier n°5Pour une plus grande autonomie protéique par la voie fourragère

<br />

L’introduction de luzerne ou de trèfle violet dans la ration des vaches laitières, en substitution d’une part du maïs ensilage, présente beaucoup d’avantages. Riches en protéines et en fibres, ces fourrages contribuent à diminuer les besoins en correcteur azoté et assurent une bonne qualité sanitaire de la ration, tout en maintenant les performances laitières des animaux. Seuls points délicats sont à maitriser : leur implantation et leur récolte.

cniel

Légumineuses pures : une source azotée et fibreuse à (re)découvrir

Protéines et fibres au menu
Les prairies artificielles de légumineuses pures, comme la luzerne ou le trèfle violet, fournissent des fourrages très complémentaires au maïs, dans les rations des vaches laitières. Leur richesse en protéines (autour de 90 g PDIE/kg MS pour un foin et 70 g de PDIE pour un ensilage avec conservateur) permet de diminuer l’apport de correcteur azoté. Leurs fibres de qualité entrainent une amélioration du statut métabolique dans les troupeaux en situation d’acidose chronique.
Autre avantage : avec ces cultures pérennes moins sensibles au déficit hydrique que ne l’est le maïs, le rendement fourrager est sécurisé en cas de sécheresse.

Les points-clés pour réussir la culture des légumineuses pures
Pleines d’avantages, les cultures de légumineuses pures présentent toutefois deux points délicats : leur implantation et leur récolte.

Réussir l’implantation de la luzerne et du trèfle violet
Privilégier les semis dans l’été plutôt qu’au printemps (pour éviter les risques de sécheresse estivale sur une parcelle implantée au printemps) : vers la mi-août dans les zones à sécheresse estivale marquée ou en juillet là où les conditions d’humidité sont plus favorables. Les semis de printemps sont possibles, de préférence sous couvert d’une céréale de printemps.
L’utilisation de semences de luzerne inoculées par le Rhizobium meliloti est fortement conseillée.
Le semis doit être fait rapidement après le travail du sol (pour bénéficier de l’humidité du sol), à raison de 25 kg de semence/ha pour la luzerne ou du trèfle violet tétraploïde et 20 kg/ha pour du trèfle violet diploïde, à une profondeur de 1 à 2 cm.
Réussir la récolte des légumineuses pures
Pour être réussie, une récolte doit avant tout être réalisée au bon stade végétatif, variable selon le mode de récolte retenu (voir Figure 1). La météo doit également être de la partie pour garantir un bon séchage des fourrages destinés à faire du foin ou de l’enrubannage.

cniel

La fauche doit être réalisée entre 5 et 7 cm de hauteur, pour favoriser le redémarrage de la culture. Le fanage est particulièrement recommandé pour la luzerne ; moins pour le trèfle dont le séchage est difficile. Les 2 espèces sont bien adaptées pour l’ensilage (conservateur acide recommandé) et l’enrubannage.
Pour tous les modes de récolte, il est essentiel de limiter l’effeuillage pour garantir la valeur azotée du fourrage sec ; les interventions doivent être réalisées en matinée ou tard le soir.
Le pâturage est possible, à condition d’être limité ou conduit au fil (à cause des risques de météorisation) après le stade bourgeonnement.

Quelles modifications sur les performances laitières et le coût alimentaire ?
En remplaçant 50 % de l’ensilage de maïs par de l’ensilage de luzerne ou de trèfle de bonne qualité, le niveau de production laitière est maintenu (lait et taux). En revanche, la partie « Concentrés » de la ration est modifiée : elle comprend moins de correcteur azoté mais plus de concentrés énergétiques pour compenser la faible densité énergétique des légumineuses (0,77 UFL/kg MS pour la luzerne).
L’intérêt économique des légumineuses pures dépend du différentiel de rendement avec le maïs, du cours des correcteurs azotés et des céréales mais il est généralement globalement positif. A rendement égal (11 t MS/ha/an), le remplacement d’une partie de l’ensilage de maïs par de la luzerne permet de réduire le coût de production de 1 à 6 €/1000 litres de lait. Une économie loin d’être négligeable !

Pour aller + loin
Consulter le dossier de 10 fiches pratiques « Améliorer l’autonomie alimentaire de son exploitation laitière ». Ed. Cniel et Institut de l’Élevage, 2015


MS : Matière sèche

PDIE : Protéines Digestibles dans l’intestin grêle (PDI) permises par l’énergie (E)

UFL : Unité Fourragère Lait

 

A lire également