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Les premières baisses de prix du lait en Europe inquiètent

Le numéro deux irlandais, Dairygold, a annoncé un prix de base de l’ordre de 380 €/1000l pour les livraisons d’octobre (à 3,3% de TP et 3,6% de TB).

Les leaders français et européens convergent vers des prix de base à 450 €/1 000 l en octobre et novembre, sauf les Irlandais et les Belges qui descendent bien plus.

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Les producteurs français pestent contre le différentiel de prix à leurs dépens avec l’Allemagne lorsque le marché des produits industriels est très porteur. En septembre, après douze mois à 500 €/1 000 l et plus en 38/32, leurs collègues d’outre-Rhin ont perçu en moyenne 49,20 € supplémentaires, soit une trésorerie additionnelle de 40 000 € pour un élevage de 800 000 litres.

Face à la chute des cours du beurre et de la poudre depuis juillet, ils comptent sur un juste retour de la lenteur française, c’est-à-dire une baisse amortie du prix du lait. Son recul s’enclenche partout en Europe.

Un retour à l’équilibre dans six mois ?

En Irlande, c’est plutôt un effondrement. Sa rapidité laisse pantois. Le leader Tirlán vient d’annoncer un prix de base sous les 350 €/1 000 l pour les livraisons d’octobre (prix fixé après-coup) et continuerait sa baisse sur novembre. Les coopératives concurrentes sont moins brutales : autour des 380 € en octobre.

« Cette crise est passagère et devrait durer six mois, estime John O’Brien, président du groupe ­Carbery dont le prix de base se situe un cran au-dessus (391,50 €). Il faut attendre que les collectes européennes et états-uniennes se rééquilibrent et que les stocks de beurre et poudre se résorbent. »

Sur le continent, le belge Milcobel suit les Irlandais : 370€/1000 l (en 34/42), soit une baisse de 60€. Les voisins restent, pour l'instant raisonnable. Le numéro 1 allemand DMK verse un prix de base de 450 € (38/32) en octobre, après avoir flirté durant cinq mois avec les 500 €. Le néerlandais FrieslandCampina a réagi un mois plus tard en diminuant son prix de base de novembre de 68 €, à 446 € (mais à 35,8 de TP et 44,5 de TB). 

Les industriels français s’adossent sur ces niveaux. Sodiaal, et ses 450 € en octobre et novembre, a été le premier à dégainer. Eurial, exposé au marché de la mozzarella et dégageant du lait écrémé concentré sur le marché Spot en berne, suit aussi cette tendance en novembre (450 € en Bretagne-Pays de la Loire).

Pas d’accord entre Lactalis et l’Unell

Tout comme Lactalis à 448,66 €, mais sans l’accord de l’association d’OP Unell. « Notre principal désaccord concerne le coût de fabrication des produits industriels qui participe au calcul de l’indicateur beurre-poudre, note Yohann Serreau, président de l’Unell (lire ci-contre). Depuis plusieurs mois, Lactalis souhaite le mettre à jour en l’augmentant [de 21,12 €/1 000 l selon nos informations]. Comme nous n’avons pas de réponses à nos demandes de précision, et après un ajustement de — 3,50 €/1 000 l depuis juillet en les attendant, nous n’avons pas signé le prix de novembre. » Sa cousine bretonne OPLB l’a fait à 450,50 €. C’est une baisse respectivement de 20,22 € et de 18,30 €. « Il faut s’attendre à une baisse de même ampleur en décembre », estime Yohann Serreau.

L’OP Les 3 Rivières (Pays de la Loire) n’a pas non plus donné son accord aux 475 € ­d’octobre que voulait Savencia. « Notre formule de prix aboutissait à 5 € environ de plus », précise Anthony Daubert, président de l’OP. « Nous avons en revanche un accord pour novembre et décembre, ajoute-t-il. À savoir 475 € en novembre et 471,16 € en décembre. « Des compléments seront versés pour rattraper l’écart avec la formule de prix, en contrepartie de compromis sur d’autres dossiers. »

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