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Boiteries bovinsBoiteries des bovins : bien les (re) connaître pour mieux les maîtriser

(©Sanders)
(©Sanders)

Les boiteries sont la troisième cause de réforme des vaches laitières. Plusieurs types de boiteries peuvent survenir et les facteurs entrainant l’apparition des boiteries sont multiples. Bien identifier les boiteries et leurs causes permet de choisir les solutions adaptées pour les limiter.

 TROUBLE DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR

Les boiteries témoignent d’un trouble de l’appareil locomoteur. L’animal tente de soulager la douleur éprouvée par un mouvement « réflexe ». Dans 90% des cas, l’origine des boiteries est podale. Pour la minorité restante, il peut s’agir de problèmes osseux, articulaires, musculaires ou nerveux avec des localisations très variées.

Lorsque l’origine des boiteries est podale, dans la plupart des cas, elles affectent les pieds arrières car ce sont eux qui sont soumis aux plus grandes contraintes.

5 MALADIES PRINCIPALES

Les boiteries sont liées à 5 maladies principales. Quatre d’entre elles sont d’origine infectieuse :

-        La dermatite digitée (ou maladie de Mortellaro) et le fourchet sont des maladies contagieuses dues à des bactéries présentes dans le milieu environnant : les tréponèmes dans le cas de la maladie de Mortellaro, Fusobacterium et Dichelobacter pour le fourchet.

-        Le panaris apparaît lors de traumatismes qui permettent l’entrée de germes, dans la partie interdigitée du pied.

-        L’abcès de la sole survient lors de la perforation de celle-ci par un objet pointu.

La 5ème maladie liée aux boiteries n’est pas d’origine infectieuse ; il s’agit de la fourbure. Elle provient d’un déséquilibre de la vascularisation du pied, avec un défaut de la position de la 3ème phalange et de la fabrication de la corne.

DE MULPTIPLES FACTEURS DE RISQUE

Les boiteries sont rarement le résultat d’une cause unique. Il existe de nombreux facteurs de risques qu’il est nécessaire de prendre en compte dans leur globalité.

Le bâtiment joue un rôle primordial, sa conception et son aménagement doivent tenir compte du « risque boiteries » en limitant par exemple le temps de couchage des animaux, les traumatismes lors des déplacements, l’humidité et les défauts d’hygiène des aires de vie. Ce dernier point est clé pour maîtriser les boiteries d’origine infectieuse.

 L'alimentation est à surveiller, notamment en terme de couverture des besoins en énergie et en minéraux. Les vaches laitières sont particulièrement sensibles en début de lactation et tout déséquilibre dans la ration peut entraîner l’apparition de maladies métaboliques (acidose, acétonémie,…). Les changements fréquents de ration ou des rations insuffisamment équilibrées augmentent le risque de troubles digestifs, néfastes pour l’état corporel des vaches, leur transit,… et créent un terrain propice aux boiteries.

Pour une bonne gestion des boiteries, des mesures sanitaires rigoureuses doivent être appliquées comme la détection précoce des animaux boiteux, l’identification du type de boiterie, la mise en place de parages réguliers, la vigilance sur les animaux entrant dans le troupeau ou encore sur la propreté des sols, etc. …

GESTION COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE DU TROUPEAU 

Le contrôle des boiteries passe par deux axes : la gestion collective du troupeau et la gestion individuelle.

La gestion collective demande un parage d’un groupe d’animaux (parage dit « préventif »), qui va permettre de rétablir ou maintenir la forme des onglons, en enlevant la corne morte ou superflue. Il permet aussi de repérer les lésions. On conseille d’effectuer ce parage fonctionnel pour chaque vache au moins une fois par an.

GESTION COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE DU TROUPEAU
 (©Sanders)

Il est intéressant de compléter cette mesure par des actions visant à diminuer la pression des maladies infectieuses sur les pieds. Une solution qui fait ses preuves depuis plusieurs années consiste à pulvériser des bactéries positives sur les pattes des vaches une fois par semaine. On parle de flores de barrière. Ces « bonnes » bactéries vont occuper le terrain à la place des germes pathogènes et aider à limiter les boiteries dans le troupeau. 

La gestion individuelle passe par une surveillance active des animaux, pour intervenir au plus tôt en cas de boiterie. Il faut alors « lever le pied » pour évaluer le type de boiterie et son degré. Selon les cas, l‘intervention du pareur ou du vétérinaire peut être nécessaire.

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