Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Au Gaec Lecointe à Criquiers (76), Sabine et Cédric Lecointe ont remplacé la salle de traite par un robot de traite depuis le mois de septembre 2025. Le couple d’exploitants est unanime : « on ne reviendrait pas en arrière ».
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Ils y avaient pensé lors des précédents travaux de leur salle de traite, mais le dos et les épaules de Sabine ont poussé à passer le pas. Pour ne pas avoir recours à la main-d'oeuvre salariée, l'installation d'un robot de traite était la seule issue. En plus du changement de système de traite, ils ont installé deux racleurs, menant l'investissement global à près de 220 000 €.
« On ne voulait pas perdre ce qu’on a fait en travaux »
Assez régulièrement, des travaux de rénovation étaient réalisés dans la salle de traite. En 1982, la première salle de traite 2x4 épi Westfalia a été installée, et en 2015 deux postes supplémentaires ont été ajoutés. En 2021, la 2x6 épi a laissé place à une 2x8 traite par l’arrière (TPA) avec plancher mobile à un nouvel emplacement.
Parce que les derniers travaux de salle de traite n’étaient pas si lointains, Cédric et Sabine « voulaient le robot sur un des quais de traite pour ne pas perdre ce qu’ils ont fait en travaux quelques années plus tôt ».
Une décision rapide mais réfléchie
Par le passé, Sabine et Cédric avaient déjà pensé au robot dans un coin de leur tête, mais ils n’avaient pas passé le pas. « Les enfants étaient trop jeunes et trop indécis quant à leur avenir, explique le couple. Aujourd’hui, ils sont plus grands et font des études agricoles, alors ça nous a aidés à prendre cette décision, d’autant plus que la traite représentait une contrainte de plus en plus grande pour Sabine avec ses problèmes de dos et d’épaules ». L’installation quelque peu précipitée par l’état de santé de Sabine, le robot est signé en avril 2024 et livré en juillet, pour une mise en service le 23 septembre dernier.
« On voulait un robot GEA ou rien »
Leur exploitation située à cinq petits kilomètres de la SARL Bellay, technicien de machines à traire et installateur de leur robot de traite, Sabine et Cédric étaient unanimes : « On voulait un robot GEA ou rien, on est juste à côté de chez eux, et c’est une maison familiale avec un réel contact humain. »
Pour le couple, contrairement à d’autres marques, le robot GEA laisse l’accès au pis, « ça donne la possibilité de brancher les vaches soi-même, de mettre une seringue s’il y a une mammite sans avoir à l’attraper, expliquent-ils. Aussi, si une vache a des cellules spécifiquement sur un quartier, on peut séparer le lait quartier par quartier, et ne pas avoir à tout mettre de côté ».
Dans un rayon de quelques kilomètres à la ronde, les exploitants comptent plus d’une dizaine de robots GEA installés, « ça permet de s’entraider au besoin, et puis on pourrait mettre en place un système de relais entre nous pour aller en vacances ou autres par exemple ».
Mise en route et accoutumance
Parce que le couple voulait le robot à l’emplacement de l’ancienne salle de traite, la traite s’est faite sur un seul quai pendant les deux mois précédent la mise en route, « parce que le robot était sur l’autre ».
Pour habituer les vaches à l’odeur et au bruit du robot, « on a fait une semaine d’accoutumance, c’est-à-dire qu’on poussait les vaches une par une au robot, deux fois par jour à des heures différentes, mais uniquement pour qu’elles aillent y manger du tourteau. La semaine suivante, on mettait en route le robot, on a séparé le troupeau en trois lots pour les pousser une par une, et puis au bout d’une semaine il n’y en avait plus qu’une quinzaine à pousser », expliquent-ils.
Dans le cas où un deuxième robot de traite vient à être installé, « il pourra prendre place en face de celui-ci, sur le deuxième quai », précisent-ils. Aucun système de barrière restrictif n’a été mis en place suite à l’installation du robot, « la stabulation est libre mais il faut un intervalle de six heures au moins entre chaque traite, autrement le robot ne donne pas de concentrés et la vache en ressort aussitôt ».
« On gagne au moins 1h30 le matin, et presque autant le soir »
Depuis la mise en service et le rythme pris par les vaches, les exploitants reconnaissent que « la conduite horaire n’est pas la même. On gagne du temps avec la traite en moins à faire, et les vaches ont à manger à 7h au matin au lieu de 9h avant. S’il n’y a pas de soins particuliers à réaliser, il n’y a que l’entretien du robot à faire et puis regarder à l’ordinateur si tout va bien. On gagne au moins 1h30 le matin, et presque autant le soir, et puis comme c’est moins physique, on a une meilleure répartition des tâches entre nous ». La contrainte de la traite à heure fixe n’étant plus, « même si on vient à 20 heures le soir, c’est bien », sourit Cédric. Pour le moment, les vaches du troupeau ont pris le rythme, « mais lorsque les vêlages vont reprendre au mois de mars, il faudra reprendre du temps pour les génisses, et peut-être quelques vaches ».
Maintien du contrôle laitier
Les exploitants l’accordent, « on est beaucoup plus dépendants de l’ordinateur, parce qu’on ne voit pas les choses par nous-mêmes, alors la première chose à faire le matin, c’est d’aller voir l’ordinateur ». Même si le robot permet l’accès à de nombreuses infos sur chaque animal, les éleveurs continuent à faire la pesée par le contrôle laitier, « c’est surtout pour la ration, elle est recalculée tous les mois et on fait une pesée tous les deux mois. Ça permet aussi d'avoir des infos à fournir au cas où on voudrait vendre des vaches en lactation, et puis comme on fait un peu de concours départementaux et régionaux, le contrôle laitier donne des informations certifiées et plus précises que celles du robot », annoncent Sabine et Cédric.
Essai robot-pâturage
Avec une quinzaine d’hectares de pâture accessibles à la porte de la stabulation, les couple d’associés tentera de concilier robot et pâturage au mois de mars-avril. La porte de tri à la sortie du robot offre trois possibilités : bâtiment, pâturage ou isolement. « La conduite du pâturage avec restriction de l’herbe par paddocks devrait les faire revenir au robot, ou alors ce sera le Dac », estiment-ils.
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