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Mastatest Préserver l’efficacité des antibios… comment agir à votre niveau ?

Prévenir l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques en élevage laitier est un enjeu de santé vétérinaire comme de santé publique. Pour préserver durablement leur efficacité, il ne faut recourir aux antibiotiques qu’à bon escient.

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L’élevage laitier n’est pas encore directement affecté par les résistances de bactéries aux antibiotiques. Il n’y a cependant pas de raison qu’il soit épargné ! A moins que… Disposer de molécules efficaces contre les pathogènes mammaires relève d’une nécessité pour la santé des vaches, mais aussi pour la santé publique. Les deux sont d’ailleurs liées au sein du concept « One health », une seule santé », à la base du plan Ecoantibio 3.

Pour limiter le recours aux antibiotiques, il s’agit, en premier lieu, de faire en sorte que les animaux en aient le moins besoin possible ! Responsable technique animaux de rente chez Vetoquinol, Patrice Ratier rappelle que l’immunité des vaches constitue la première barrière aux infections mammaires. Alors que tous les stress de l’organisme sont susceptibles de dégrader cette immunité, pour la préserver, les éleveurs doivent veiller à l’hygiène de l’élevage, l’équilibre des rations (nutriments et oligo-éléments) ou encore la transition alimentaire. Dans certains cas, la vaccination peut aussi booster l’immunité.

« Une arme de sniper plutôt que de destruction massive »

Si une infection mammaire se déclare, il faut pouvoir cibler le traitement sur le germe en cause. « Utiliser une arme de sniper, plutôt qu’une arme de destruction massive », résume Patrice Ratier. Dans le cas de mammites cliniques non sévères (sans fièvre), et après prise en charge de la douleur de l’animal, un diagnostic bactériologique permet de « mieux connaître l’ennemi ». Le Mastatest, commercialisé par Vétoquinol, est un nouvel outil d’analyse bactériologique permettant un test rapide, effectué au chevet de l’animal, qui identifie le germe en cause, en quelques heures seulement.

Sur la base de ce résultat et connaissant le contexte de l’élevage, le vétérinaire peut décider de la mise en place d’un traitement… ou non ! « Les antibiotiques ne sont pas tout le temps nécessaires », rappelle Patrice Ratier. « Certaines mammites, celles causées par des bactéries Gram –, guérissent spontanément. » De même, inutile de délivrer systématiquement des antibiotiques à un animal au tarissement. Là encore, le vétérinaire sera un allié pertinent pour sélectionner les animaux à traiter.

En lactation, comme au tarissement, lorsqu’il a été décidé d’utiliser un antibiotique, il est important de bien en suivre les préconisations d’usage : dose, durée du traitement, mode d’administration… Avec les préparations injectables dans le trayon, Patrice Ratier recommande une grande minutie, car une atteinte physique des sphincters diminue les capacités de guérison. Le Mastatest propose aussi un antibiogramme, qui aide à sélectionner l’antibiotique le plus adapté, plutôt que de toujours mettre en œuvre la même molécule à large spectre.

La gestion du lait à résidus est également un point essentiel : il ne doit pas être donné aux petits veaux ! « Des antibiotiques, faiblement concentrés, dans l’organisme du jeune animal, sont susceptibles de sélectionner des populations de bactéries résistantes », assure Patrice Ratier. Autre facteur de risque à éviter : les traitements au long cours des mammites subcliniques. « Après plusieurs échecs de traitements, il ne faut pas s’acharner ».

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