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Agrivoltaïsme, quand l’agriculture et le solaire entrent en synergie

Combiner la production agricole et d’énergie solaire, telle est la promesse de l’agrivoltaïsme. L’enjeu est de décarboner notre énergie, s’adapter au réchauffement climatique, tout en contribuant à la pérennité des exploitations agricoles.

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L’agrivoltaïsme consiste à installer sur un site dédié à la production agricole (maraîchage, vigne, arboriculture, pâturage…) des panneaux solaires photovoltaïques pour générer de l’électricité bas carbone. Agriculture et production d’énergie doivent cependant pouvoir co-exister harmonieusement sans nuire à la vocation alimentaire, garantissant un modèle de développement vertueux. Le développement de cette filière est ainsi strictement encadré par la loi relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, Aper, et son décret d’application qui vient d’être publié le 9 avril 2024.

Précurseur, le groupe français Akuo, leader français sur des projets d'agrivoltaïsme, a accompagné dès 2007 son premier projet agrivoltaïque sur l’île de la Réunion. La philosophie du groupe est avant tout de s’adapter au territoire et aux exploitations pour concevoir des fermes solaires, car il n’y a pas un type de ferme agrivoltaïque, mais une multitude de cas de figure et de solutions techniques : panneaux au sol, posés sur des ombrières, intégrés à des serres…

L’agrivoltaïsme, pour quelles filières ?

L’agrivoltaïsme s’adapte à tout type d’exploitation. C’est en tout cas le point de vue du bureau d’études et d’ingénierie Agriterra qui a accompagné plus de 35 fermes agrivoltaïques ces 15 dernières années. Les premières installations concernaient plutôt les secteurs du maraîchage, l’arboriculture, la production de petits fruits rouges ou bien la viticulture, les panneaux assurant une protection efficace contre les aléas climatiques. En production animale, des installations ont vu le jour en élevage de petits ruminants ainsi qu’en pisciculture. Désormais, Agriterra travaille aussi sur des projets en grandes cultures qui prévoient l’installation de trackers.

Dans le domaine de l’élevage laitier, les projets étaient plutôt rares jusqu’à présent en France. À Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire), le Gaec La Pironnière s’est lancé dans l’aventure avec son propriétaire en 2021. Ainsi, l’exploitant prévoit de faire pâturer 20 à 30 génisses sous 30 hectares de panneaux photovoltaïques, libérant ainsi de la place pour accueillir des vaches laitières supplémentaires en bâtiment. L’éleveur y voit l’opportunité de consolider son exploitation, tout en étant acteur de la transition énergétique.

Une solution pour la transition agricole et énergétique

Les panneaux font office de protection pour la culture ou les animaux contre les aléas climatiques. L’agriculteur, qu’il soit propriétaire ou fermier, bénéficie d’un revenu sécurisé pour la location des terres ou leur mise à disposition. Un vrai plus pour assurer la pérennité de l’exploitation et sa transmission future.

Face au défi climatique, l’agrivoltaïsme est une solution pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, aider les exploitations à s’adapter au réchauffement climatique tout en offrant une source de revenu complémentaire à l’agriculteur. L’agrivoltaïsme devrait concerner 0,2 à 0,3 % de la surface agricole française pour atteindre l’objectif de 100 GW de capacité de production solaire installée en France d’ici à 2050. De quoi créer de nombreuses opportunités de profiter de cette solution innovante qui allie agriculture et énergies renouvelables.

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