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La production de viande bovine va diminuer en 2026… mais moins vite

La décapitalisation bovine va se poursuivre en 2026, à un rythme moindre qu'en 2025.

La décapitalisation bovine va se poursuivre en 2026, mais les effectifs de génisses en réserve devraient atténuer son impact. En cause ? Des retards et des décalages de vêlages à imputer à la FCO et à la MHE.

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Après une baisse significative des abattages enregistrée en 2025, les prospectives du service économie de l’Institut de l’élevage misent sur un relatif maintien de la production en 2026. Sur les deux dernières années, la production française de viande bovine est passée de 1 295 000 tonnes équivalent carcasse (téc), à 1 262 000 téc, soit une baisse de 2,6 %. Pour 2026, les prévisions tablent sur un ralentissement de la décapitalisation, avec une production nette de bovins finis à 1 253 000 téc. Alors oui, la production française diminuerait toujours, mais moins vite.

En cause ? L’augmentation des effectifs de génisses sur les exploitations. « Celles-ci devraient permettre à la fois de soutenir une production dynamique de viande de femelles, et de ralentir la décapitalisation si la situation sanitaire finit enfin par s’améliorer en cours d’année », augure l’Institut de l’élevage.

Progression des effectifs de génisses de deux ans

La production bovine est une mécanique au long cours. Depuis deux ans, le cheptel reproducteur est impacté par les épizooties. FCO-3, FCO-8 et MHE sont venues tour à tour perturber l’entrée à la reproduction des génisses, ainsi que les performances de vaches en place. Si bien que sur les deux dernières campagnes, les réformes précoces amplifient la tendance à la décapitalisation : en 2025, le cheptel allaitant a connu un renouvellement « relativement important ».

Mais le renforcement des effectifs de génisses apporte un peu d’oxygène. « Nous estimons que ces génisses sont plutôt destinées à soutenir le cheptel, mais que les problèmes d’infertilité conduiront les éleveurs à devoir en orienter environ la moitié vers la boucherie ». Autrement dit, le marché devrait bénéficier de volumes dans les mois à venir, ne serait-ce que du fait du renouvellement naturel. L’Idele table ainsi sur une hausse des abattages de femelles de 1,4 % en 2026, à moins que les éleveurs ne fassent le choix d’un croît de cheptel, qui limiterait les volumes disponibles.

Du côté des vaches laitières, la même mécanique se dessine. Les effectifs de femelles de trois ans sont renforcés, probablement du fait d’échecs à la reproduction en 2025. Les économistes de l’Institut s’attendent donc à un redressement du taux de renouvellement, jusqu’alors assez bas. « D’après ces hypothèses, les réformes laitières devraient reculer sur un rythme comparable à l’an dernier ». Mais le prix de la viande pousse les éleveurs à bien finir leurs animaux, si bien que la baisse en tonnage est moins importante que la baisse en nombre de têtes. La production de génisses laitières, stimulée par le marché des croisés, s’annonce également à la hausse sur 2026.

La décapitalisation pourrait ainsi se contenir à 1,3 % sur l’année à venir en vaches allaitantes, contre 1,9 % sur l’année écoulée. Idem sur le cheptel laitier. De 2,5 % sur l’année écoulée, elle passerait à 2 % au 1er janvier 2027.

De moins en moins de broutards disponibles

Si d’une certaine manière la décapitalisation entretient les volumes abattus, le marché du maigre souffre du manque de disponibilité. L’année 2025 marque un point d’inflexion. Jusqu’alors, la baisse des volumes disponibles affectait surtout nos partenaires à l’export. Depuis quelques mois, l’engraissement français pâtit également de la hausse des cours du maigre. L’explication ? Un décalage entre la hausse du prix du broutard et du bovin fini qui fait peur aux naisseurs-engraisseurs. « Cela a incité certains à vendre en maigre plutôt que de devoir mener à bien l’engraissement complet de l’animal, et ce d’autant plus que les croissances ont pu être affectées par le contexte sanitaire ».

La mise en place de zones vaccinales DNC a jusqu’alors eu peu d’impact sur le marché du broutard : les exportations ont moins diminué en 2025 qu’en 2024. Mais les perspectives pour 2026 sont floues. Le volume de maigre disponible sera forcément contraint : une conséquence des problèmes de fertilité rencontrés durant les précédentes vagues épizootiques, et de la vaccination contre la dermatose bovine qui bloque un certain nombre d’animaux. Si bien que pour l’export de maigre, une baisse de 3,7 % est escomptée en 2026, de même qu’une baisse de la production de JB en France de l’ordre de 2,6 %.

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