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Ouest’Lait toujours sans contrat avec Savencia

Le conseil d’administration hier, mardi 17 mars, à l’issue de l’assemblée générale de Ouest'Lait à Saint-James (Manche). De gauche à droite : Yves Tison, Denis Berranger, Landry Rivière, Aude Gaillard, Sébastien Fesnoux et Jérome Leroy.

À cheval sur l’Ille-et-Vilaine et la Manche, l’OP Ouest’Lait ne baisse pas les bras pour sortir de son absence de relation contractuelle avec Savencia. Elle tend la main à l’OP Lactéa, ex-Triballat, qui est en discussion avec l’industriel. Cette dernière dément tout projet de rapprochement.

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Depuis le 1er novembre 2024, l’organisation de producteurs Ouest’Lait est sans contrat avec Savencia. Ses 385 adhérents, pour un volume de 295 Ml, sont collectés par le transformateur par le biais de leur contrat d’application individuelle, lié à l’ancien contrat-cadre qui a pris fin le 31 octobre 2024. À l’origine de cette situation alambiquée, difficile à vivre par les producteurs, une échéance de leur contrat d’application individuelle qui ne correspond pas à la fin du contrat-cadre dénoncé par l’industriel. « Pour la grande majorité des 385 exploitations, leur contrat prendra fin en 2029 », a indiqué hier, 17 mars, l’actuel coprésident de l’OP, Landry Rivière, lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue de l’assemblée générale. Benoît Hardy, président durant près d’un an, a démissionné en février. En 2024 et 2025, soixante-dix exploitations au total ont quitté Ouest’Lait par obligation ou par choix.

Dans le premier cas, leur contrat d’application est arrivé à échéance et a basculé en contrat individuel de vente (ou en projet de contrat individuel de vente s’il n’est pas encore signé par le producteur et Savencia). Dans le second cas, il s’agit de départs volontaires. « Nous en recensons quinze en 2025, preuve que les adhérents restent attachés à notre collectif. » Parmi les soixante-dix, une partie a rejoint l’OP transversale FMB Grand Ouest.

Le « niet » de la nouvelle OP Lactéa

La volonté de Ouest’Lait reste de signer un contrat avec l’industriel. « Notre objectif est un nouveau contrat-cadre en 2026. Il est hors de question que nous nous éteignions à petit feu jusqu’en 2029 », déclare Denis Berranger, administrateur et un des anciens présidents de l’organisation. L’OP craint que ses chances s’amoindrissent par le projet d’un contrat actuellement en discussion entre le fromager et « une autre OP » qui œuvre sur le même territoire qu’elle (Ille-et-Vilaine et Manche). « Notre assemblée générale a voté à l’unanimité la proposition qui lui sera adressée d’un projet de fusion pour préserver l’unité des producteurs et la contractualisation collective dans la baie du Mont-Saint-Michel », déclare Aude Gaillard, l’autre coprésidente. Il s’agit de l’OP Triballat qui se dénomme depuis peu Lactéa. Elle vient d’ouvrir ses statuts à l’accueil d’anciens adhérents contraints de quitter Ouest’Lait. Fabrice Guérin, le nouveau président de Lactéa, est de ceux-là. « Nous démentons tout rapprochement ou projet, de quelque nature que ce soit », répond-il à L’Éleveur laitier qui l’a contacté. Il confirme le projet de contrat-cadre avec l’industriel, sans en dire plus. Bref, la situation demeure compliquée.

« Éviter le contournement par Savencia »

Pour Ouest’Lait, il s’agit de contrecarrer la stratégie de « contournement » menée par Savencia. Elle demande au gouvernement « de faire respecter l’État de droit et la loi Egalim ». Une première rencontre a eu lieu avec Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture en février. « Nous avons réaffirmé notre volonté de redémarrer des discussions avec Savencia sur une base saine », conclut Landry Rivière.

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