Différencier la DNC de la pseudo-dermatose
Des lésions cutanées, proches des formes nodulaires et de la fièvre ne sont pas toujours liées à la dermatose. Un virus herpès, la pseudo-dermatose, peut tromper son monde. Aussi, la vérification est indispensable.
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La pseudo-dermatose nodulaire (PDNC) est une infection due à l’herpèsvirus bovin 2 (BoHV-2). Cette pathologie bénigne diffère de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui, légalement, nécessite l’abattage de l’animal. Mais, dans les faits, la différencier n’est pas toujours si simple.
Ainsi, dans un élevage de 700 vaches laitières à plus de 450 km du foyer lyonnais de DNC, dans la région de Verdun, des vaches ont présenté, en septembre, une hyperthermie transitoire (39-40 °C) suivie de l’apparition de lésions cutanées de type nodulaire sur tout le corps. Pour autant, les vaches gardaient bon appétit et la production laitière ne diminuait pas. Ces signes, rassurants, interrogent car, dans les cas de DNC en France, une chute conséquente de la production laitière est rapportée par tous les éleveurs, conduisant à un abattement de l’animal. Par ailleurs, aucune mortalité n’a été constatée dans l’élevage mosellan et une hypertrophie ganglionnaire n’a été observée qu’en fin d’évolution de la maladie. Certaines des lésions cutanées présentent une zone centrale intacte, entourée d’un anneau circulaire.
Cela donne un aspect « à l’emporte-pièce » de la lésion, formant une surface surélevée et pratiquement plane. Au toucher, un léger épaississement de la peau se ressent, sans posséder vraiment les caractéristiques d’un nodule. Ces lésions peuvent avoir des aspects différents. Parfois, elles forment un œdème cutané évoquant des papules qui peuvent se transformer en lésions irrégulières, devenant alors de petites zones arrondies de couleur foncée très visibles. En fin d’évolution, elles sont faciles à arracher et laissent alors la place à une zone cutanée cicatricielle sombre et glabre témoignant de l’absence d’une lésion ulcérative. Ces lésions guérissent sans traitement en trois à quatre semaines. Tous ces éléments mis bout à bout permettent de différencier la pseudo-dermatose de la dermatose.
Prélever pour lever la suspicion
Pour lever vraiment les doutes, car il existe des formes atténuées de DNC, il s’agit de réaliser une recherche de cette pathologie par PCR. Un diagnostic de teigne à la suite de prélèvements cutanés peut également être utile, car les lésions ont des similitudes. Dans le cas évoqué, les prélèvements cutanés, envoyés à l’école vétérinaire de Toulouse, ont permis de confirmer la suspicion d’une pseudo-dermatose due à l’herpèsvirus bovin 2.
D’autres affections cutanées moins ressemblantes peuvent être aussi envisagées en présence de ces symptômes : la dermatophilose, la leucose cutanée, deux parapoxviroses (stomatite papuleuse bovine et pseudocowpox), le cowpox, l’ehrlichiose, la démodécie, la besnoitiose, l’hypodermose, la photosensibilisation, une urticaire, une tuberculose cutanée et l’onchocercose. Au vu du contexte sanitaire actuel, il est recommandé d’appeler son vétérinaire au moindre doute.
L’infection par le BoHV-2 est associée à deux syndromes cliniques distincts chez les bovins : une forme mammaire avec des ulcères localisés et douloureux au niveau des trayons des vaches laitières, d’où le nom de thélite (mammillite) herpétique ulcérative, et une forme généralisée (PDNC) décrite précédemment. La maladie serait transmise par des stomoxes et semble plutôt rare en France, mais peut-être est-elle sous-estimée du fait de son évolution bénigne. Le contexte de la DNC a probablement permis de la mettre davantage en lumière par des éleveurs très attentifs à la peau de leurs animaux. Enfin, certains bovins séropositifs au BoHV-2 peuvent devenir porteurs latents du virus à la suite de l’infection et le virus peut s’exprimer de nouveau en cas de stress.
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