Ducasse Jaka, la « vache du siècle », confirme sa stature avec un pointage EX 97
Ducasse Jaka n’a pas besoin du Concours général agricole pour briller ! Lors de son dernier pointage, la vache en huitième lactation a été notée EX 97. Un niveau d’excellence partagé seulement par une poignée d’animaux dans le monde.
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« La première fois que je suis monté au Salon de l’agriculture, c’était en 1965 avec des Bazadaises », se remémore Michel Ducasse, aujourd’hui retraité mais encore très investi au sein de l’EARL de Banos. « À cette occasion, j’ai serré la main du Général de Gaulle », s’étonne encore l’éleveur.
Depuis, le Concours général agricole est un incontournable pour la famille Ducasse. Au fil des ans, les Prim'Holsteins ont remplacé les Bazadaises et c’est en 1985 que la ferme a commencé à se faire remarquer à Paris, avec Ocarina. Cette vache, née en 1978 dans l’Aisne d’une mère canadienne, est encore aujourd’hui à l’origine d’une bonne partie de la génétique en place sur la ferme. « Je peux dire sans mentir que 80 % du troupeau descend d’elle », estime Michel. Parmi ses illustres produits figure Jaka. Ducasse Jaka. Rien qu’au nom, les amateurs de génétique tendent l’oreille.
Grande, longue, très ouverte sur son squelette, avec des côtes très arquées… Et surtout cette indescriptible puissance laitière érigée sur des membres irréprochables : Jaka a tout d’une grande.
La « Vache du siècle »
Et pour cause, cette fille de Bradnick, petite fille Windbrook porte l’éminent titre de « Vache du siècle ». Après avoir été sacrée Grande championne au Salon de l’agriculture 2023, Jaka s’est distinguée au Centenaire Prim’Holstein France organisé au Puy du Fou en novembre 2023. « C’était complètement fou », raconte Michel. Au-delà du titre, Jaka a impressionné par sa performance complète, avec pas moins de six titres remportés ce jour-là. « Elle a été première de section, meilleure mamelle adulte, championne adulte, grande championne noire, meilleure laitière, avant d’être sacrée championne du siècle », énumère Olivier Lagelouze, qui accompagne la famille Ducasse en concours depuis plusieurs décennies. « Six tours de piste… C’était invraisemblable. Sans parler de l’ambiance… », ajoute Michel. Jaka ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Au Salon de l’agriculture 2024, elle a confirmé son statut avec le titre de Grande championne.
Ducasse Jaka pointée EX 97
Même sans le Concours général agricole, Jaka se distingue. Au dernier pointage Prim’Holstein, début février, la vache a gagné un dernier point d’index en morphologie, se hissant à un niveau rarement atteint par la génétique française. Avec une notation EX 98 (sur 100 points) pour la morphologie de sa mamelle, EX 98 pour ses aplombs, EX 96 pour son format et EX 97 pour sa capacité laitière, Jaka obtient une note globale EX 97. Elle est alors propulsée parmi les meilleures vaches du monde. « C’est actuellement la seule vache française à ce niveau-là », décrypte Olivier Lagelouze. « À ma connaissance, seules 5 vaches dans le monde bénéficient de ce niveau d’index, avec Hermine et Shakira au Canada, Footloose aux États-Unis, une autre vache en Italie… »
Associer morphologie et performance laitière
La performance est d’autant plus notable que Jaka associe morphologie et performance laitière. « Nous sommes vraiment sur une vache qui se bonifie avec le temps », apprécie Olivier. Du haut de ses 11 ans, elle en est à sa huitième lactation, avec un niveau de production de 109 000 kg de lait sur sa carrière. « Elle approche les 26 kg de lait par jour de vie, c’est vraiment une performance exceptionnelle ».
« J’aurais aimé l’amener une dernière fois à Paris, à plus de 100 000 kg de lait, mais ça ne sera pas possible », regrette Michel. « Je trouve important de montrer qu’on peut associer la productivité à la génétique de concours », insiste l’éleveur, malgré sa retraite. Sur l’EARL de Banos, le rang moyen de lactation s’élève à 3,8.
Le sanitaire aura probablement eu raison du dernier tour de piste de Jaka. À l’approche des 12 ans, l’éleveur craint que le calendrier de reproduction compromette sa sélection pour le Sia 2027. « Il ne faut pas avoir de regret. Le sanitaire est un sujet sérieux », tempère l’éleveur des Landes. Si la dermatose nodulaire s’est arrêtée à 300 km de l’EARL de Banos, la structure fait bel et bien partie de la zone vaccinale, et les éleveurs militent pour la prudence.
Il y a la génétique, et il y a la chance
« Il y a la génétique, et puis il y a la chance », poursuit l’aîné. « Vous avez beau avoir la meilleure génétique qui soit, il y a toujours une part d’incertitude. Il faut que la vache vêle au bon moment pour être prête pour les concours. Il aurait suffi de quelques semaines de décalage, et Jaka n’aurait pas pu concourir au Puy du Fou ». Pour lui, les aléas font partie du jeu.
D’autant que l’EARL de Banos a de la ressource. Plus tard, les éleveurs espèrent conduire Ulka à Paris, une fille de Jaka. « Ça ne sera pas la même vache. Jaka, c’est vraiment la vache d’une carrière », mais père et fils entendent bien continuer à faire raisonner leur nom dans le petit monde de la génétique Prim’Holstein.
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