Un nouveau cas de dermatose détecté dans un élevage d'Ariège
Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Ariège, où il s'agit du deuxième foyer de cette maladie, selon un bilan actualisé vendredi sur le site du ministère de l'Agriculture. [Article mis à jour à 19h11]
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« C'est un troupeau de l'est de l'Ariège, qui était vacciné depuis une quinzaine de jours, et qui va être abattu » vendredi à Léran, a indiqué à l'AFP Philippe Lacube, président de la chambre d'agriculture de l'Ariège.
Ce troupeau de 113 vaches était vacciné, comme la totalité du cheptel de l'Ariège. Le ministère précise qu'un « animal vacciné est protégé à partir de 21 jours après l'injection d'une dose de vaccin » et que la maladie peut circuler à bas bruit dans un troupeau avant que des symptômes soient visibles.
116 foyers de DNC détectés depuis le 29 juin
Ce nouveau cas fait passer à 116 le nombre national officiel de foyers détectés depuis l'apparition de la maladie.
Les éleveurs de l'élevage concerné ont accepté le protocole et « ne veulent pas de blocage chez eux », a précisé Angel Alegre, co-porte-parole de la Confédération paysanne du département, qui organise vendredi un rassemblement à une vingtaine de kilomètres de l'exploitation touchée pour « informer l'État qu'(ils) ne se (laisseront) pas faire, pas abattre ».
Dans cette commune située à une vingtaine de kilomètres de l'exploitation touchée, des dizaines d'élus locaux se sont rassemblés à l'appel des maires ruraux de France pour défendre les agriculteurs et échanger avec le préfet de l'Ariège, Hervé Brabant.
« C'est une souffrance totale, on a un genou à terre... Le gouvernement ne nous entend pas. On continue d'abattre des troupeaux vaccinés. Monsieur le préfet, c'est insupportable, c'est un cri du coeur mais aussi un cri du doute », a déclaré M. Lacube, estimant qu'il fallait passer à « un abattage sélectif », une fois les troupeaux immunisés par la vaccination.
« La problématique de l'abattage total d'un cheptel vacciné interroge. Mais l'immunité n'étant pas acquise, la règle c'est qu'on continue d'abattre le troupeau », a déclaré M. Brabant appelant à « l'apaisement » sous les invectives de certaines des 200 personnes présentes.
Des annonces dès dimanche
« C'est assez simple pour l'État, de faire non pas machine arrière, mais machine avant » en faisant évoluer le protocole pour éviter l'abattage total des troupeaux, estime-t-il, tout en admettant ne pas attendre « grand-chose » sur le sujet, lors des rencontres entre syndicats et gouvernement prévues à partir de lundi.
« Après vaccination, il faudrait qu'à un moment on passe à un abattage sélectif. Qu'on donne une chance aux vaches immunisées », a de son côté souligné M. Lacube.
Des mesures en faveur des agriculteurs seront prises « tout au long du mois de janvier », avec de premières annonces de la ministre de l'Agriculture dès dimanche, a rapporté vendredi l'entourage de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre prévient toutefois qu'il faudra un budget pour les mettre en oeuvre.
Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur « trois piliers »: l'abattage systématique d'un troupeau dès la détection d'un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.
Dans les dix départements du Sud-Ouest engagés dans la campagne de vaccination, 506.741 bovins, soit 70,2% du cheptel concerné, ont reçu une injection, selon un bilan du ministère de l'Agriculture, actualisé au 2 janvier.
Une zone n'est considérée comme vaccinée, selon la réglementation européenne, que lorsque 95% des élevages représentant 75% des bêtes de la zone ont été vaccinés: un seuil atteint dans les départements de l'Ariège et des Pyrénées orientales.
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