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Altilis Un avenir sans huile de palme ?

Palmiers à huile.© PHILIPPE ROY

Largement décriée, l'huile de palme reste un ingrédient de choix pour l'alimentation animale, même si la filière tend à limiter son utilisation.

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L'HUILE DE PALME EST L'HUILE LA PLUS CONSOMMÉE AU MONDE La France en importe 327 000 t/an, dont 17 % destinés à l'alimentation animale. Mais son utilisation est contestée à cause de la déforestation engendrée par sa mise en culture et parce que les recommandations de santé publique sont de limiter la consommation d'acides gras saturés, dont l'acide palmitique qu'elle contient, pour prévenir les risques cardiovasculaires. Fournisseur d'ingrédients pour l'alimentation du bétail, Altilis a réalisé une enquête auprès d'un échantillon représentatif de laiteries (50 % de la collecte française) et d'AOP laitières (88 % de la collecte sous appellation) afin de préciser la demande de la filière pour des matières grasses sans palme.

Il en ressort que 70 % des AOP qui autorisent encore l'huile de palme pensent l'interdire, 58 % des laiteries se disent susceptibles d'évoluer vers sa réduction et 25 % à la substituer par d'autres huiles végétales ou de palme durable. Or, l'huile de palme est la source de matière grasse protégée la moins chère. Obtenues après saponification ou hydrogénation, les graisses végétales protégées permettent d'augmenter la densité énergétique de la ration et donc d'améliorer les performances, notamment en début de lactation. Le colza est une alternative à partir de laquelle Altilis a formulé Alti-Lac, une matière première ayant subi un procédé de haute protection des acides gras. Récompensé par un Inel d'Or en 2011, Alti-Lac peut être incorporé à un aliment concentré ou distribué en l'état par l'éleveur pendant toute ou une partie de la lactation. Mais l'utilisation des huiles d'oléagineux a un coût supérieur à l'huile palme, ce qui constitue un frein à leur développement, car seulement 7 % des laiteries envisagent une rémunération du lait selon son profil en acides gras. Les alternatives existent donc mais semblent devoir se développer sur des marchés de niche, soucieux de s'inscrire dans une démarche de différentiation commerciale, en offrant une meilleure valorisation du lait.

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