Dermatose bovine : comment sont traitées les vaches euthanasiées en équarrissage
Les animaux trouvés morts, ainsi que les animaux euthanasiés en ferme sont collectés par les services d’équarrissage. Et entre influenza aviaire, MHE, FCO, dermatose bovine et même ESB par le passé, tout est pensé pour faire de l’usine d’équarrissage un véritable « cul-de-sac sanitaire ».
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Au nord de l’Aisne, l’usine d’équarrissage de Vénérolles soulève des questions chez les éleveurs. En arrière-plan : l’inquiétude de voir des animaux exposés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) traités dans la région. « On sait que des animaux en provenance de zones infectées arrivent sur nos territoires, et on incrimine souvent le transport comme vecteur de la maladie, alors comment être rassurés ? » s’inquiète un éleveur à l’occasion des Journées de l’élevage, organisées mardi 13 janvier par la Chambre d’agriculture de l’Aisne.
En face, Atemax veut montrer patte blanche. L’entreprise qui gère le site de Vénérolles ainsi que la collecte des animaux trouvés morts dans la moitié nord de la France et le quart sud-ouest est coutumière des opérations délicates. « Nous avons déjà géré une demi-douzaine d’épisodes de grippe aviaire », explique Frédéric Bellanger, responsable des marchés de l’équarrissage chez Akiolis, maison mère d’Atemax.
Des camions avec caisson inox étanches
Concrètement, « la collecte s’effectue avec des camions en inox avec une fermeture étanche », détaille le responsable des marchés. Une manière d’éviter tout contact avec l’environnement extérieur. Ensuite, « les camions sont lavés et désinfectés à chaque trajet sur une plateforme dédiée ».
Mais surtout, le virus de la dermatose se transmet par les insectes suceurs de sang, comme les taons ou les stomoxes. Or ces derniers ne sont pas attirés par les chairs en décomposition : « elles utilisent le CO2 émis par la respiration pour identifier leurs proies », précise Frédéric Bellanger.
Une fois sur place, la matière est homogénéisée avant d’être montée en température. « La procédure standard pour les volailles, porcins et veaux veut que la matière dépasse les 150 °C. À cette température, aucune bactérie ni virus ne résistent ».
Enfin, la matière est centrifugée pour séparer la farine des graisses. La réglementation autorise ensuite la valorisation de ces coproduits en engrais.
Éviter le risque prion chez les bovins
Les bovins adultes trouvés morts connaissent un traitement particulier. Afin de lutter contre les prions, l’agent responsable d’encéphalopathies spongiformes bovines (ESB), les restes connaissent un traitement thermique et sont utilisés uniquement pour la production d’énergie. « Ils sont envoyés en cimenterie, avec un process à 1 400°C », précise Frédéric Bellanger. « À ce niveau de température, aucune protéine ne résiste ».
Un coût de traitement autour de 300 € la tonne
Côté coût, les frais d’équarrissage sont partagés entre l’éleveur à hauteur de 20 %, et le consommateur pour les 80 % restants. Ce sont les interprofessions qui assurent le prélèvement de ces montants, et délèguent le traitement et la collecte à un maillage d’établissements présents sur le territoire. La vente de combustible ou de coproduits permet ensuite d’amortir le traitement des animaux morts. « Une fois la vente des coproduits déduite, le traitement coût autour de 300 € la tonne. Compter 200 € pour la collecte, et 100 € pour le process en usine ».
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