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Filière laitière en 203040.000 exploitations pour produire 15 % de lait en plus

Elevage laitier en Allemagne. Les producteurs de lait en France ont de nombreux atouts pour être compétitifs à condition de s'engager dans un vaste programme de modernisation de leurs installations. (©Terre-net Média.)
Elevage laitier en Allemagne. Les producteurs de lait en France ont de nombreux atouts pour être compétitifs à condition de s'engager dans un vaste programme de modernisation de leurs installations. (©Terre-net Média.)

A horizon 2030, quel sera le visage de la France laitière ? Christophe Perrot, chercheur à l'Idele, a présenté ses projections pour l'élevage laitier français lors des journées 3R de décembre dernier. Explications.

Elevage laitier en Allemagne. Les producteurs de lait en France ont de nombreux atouts pour être compétitifs à condition de s'engager dans un vaste programme de modernisation de leurs installations.
Elevage laitier en Allemagne. Les producteurs de lait en France ont de nombreux atouts pour être compétitifs à condition de s'engager dans un vaste programme de modernisation de leurs installations. (©Terre-net Média.)

Pas une région n’échappera à la concentration accélérée de la production de lait d’ici 2030. Elle se traduira dans certaines d’entre elles par une augmentation globale de la collecte de lait et dans d’autres, par de nouveaux abandons de la production déjà observés depuis une dizaine d’années (le Sud-ouest notamment). Mais l’effectif moyen des troupeaux dans les exploitations ne sera pas de 1.000 vaches ! La France laitière ne prend pas cette voie. Au contraire, même de plus grande dimension, les systèmes d’élevage conserveront une grande hétérogénéité entre les régions. Cette diversité demeurera une des caractéristiques notables de la filière laitière par rapport à ses voisins européens.

Ces premières remarques ont introduit le topo réalisé par Christophe Perrot, chercheur à l’Idele-Institut de l’élevage lors de son intervention aux journées "3R – rencontres, recherches, ruminants" de décembre dernier. Selon lui, la réduction du nombre d’exploitations se justifierait d’abord par des gains de productivité importants dans les élevages avec des vaches plus productives et donc proportionnellement moins nombreuses pour produire davantage de lait. Mieux équipées, les 40.000 fermes en activité en 2030 seraient conduites par 2 Uta en moyenne comme c’est actuellement le cas et elles produiraient ensemble 15 % de lait en plus que cette année. A ce jour, on dénombre environ 75.000 exploitations laitières sur l’ensemble du territoire national.

De grandes capacités de production en réserve

La restructuration de l’élevage laitier conduira inévitablement au redéploiement d’un million de vaches laitières entre les fermes en activité qu’il faudra loger dans des bâtiments plus grands. Cela conduirait à la construction de nouvelles installations et à des investissements estimés à 800 millions d’euros par an.

A la différence de ses voisins européens, notre pays dispose de nombreux atouts pour augmenter sa production. Ses réserves foncières donnent aux éleveurs des marges importantes pour produire des fourrages en grande quantité.  

Plus autonomes, les systèmes d’élevage français seront par ailleurs moins gourmands en intrants. Certaines exploitations en zone de plaine renonceront à produire de la viande bovine et libéreront des hectares fourragers pour nourrir davantage de vaches laitières et pour se spécialiser dans la production laitière. Mais d’autres n’auraient pas d’autre choix que de conserver une activité de viande bovine. Et avec plusieurs associés dans une exploitation plus grande, il n’est pas non plus exclu que différentes activités soient conduites en parallèle.

Au final, des zones spécialisées côtoieront des régions mixtes où l’élevage allaitant restera encore pratiqué.

Pas de complexe d'infériorité

Enfin, hormis certaines petites régions bien localisées (bassins versants où l’élevage est déjà très réglementé), les contraintes environnementales pèseront moins sur les éleveurs français que sur les pays du nord de l’Europe où la densité des élevages est particulièrement importante.

Selon Christophe Perrot, les éleveurs français n’ont donc aucune raison d’avoir un complexe d’infériorité vis-à-vis de leurs collègues allemands. La filière laitière n’a aussi aucune raison de renoncer à son modèle de production caractérisé par une large gamme de produits laitiers. La France sera aussi un grand producteur de poudre de lait et de beurre. Mais les éleveurs laitiers français devront davantage se familiariser avec la volatilité des prix.

Des études réalisées par des centres de gestion montrent que l’augmentation de la dimension des élevages conduit dorénavant à une croissance soutenue des revenus des éleveurs même si les disparités entre les fermes demeurent. Par le passé, il en était tout autrement.

Enfin, un partage de la valeur ajoutée plus avantageux pour les agriculteurs exigera une refonte des relations contractuelles entre les membres de la filière. Trop de contrats sont régulièrement dénoncés unilatéralement par les collecteurs ou mal appliqués.

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Stratégies après quotas

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