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Ils font l'agriculture européenneAu Luxembourg : « Depuis un an déjà, obligé de se passer de glyphosate »

Notre itinéraire en Europe passe, cette semaine, par le Luxembourg. Ce pays est le premier à avoir interdit le glyphosate, le 1er janvier 2021. L'Union européenne, elle, devant se prononcer sur son interdiction fin 2022, et la France le proscrire en 2023. Or les agriculteurs luxembourgeois, comme Laurent, n'ont pas non plus d'alternative. Et l'aide, qui leur est versée, n'a de compensatoire que le nom...

L'Union européenne a fait de l'interdiction du glyphosate son cheval de bataille, mais a malgré tout réautorisé son utilisation jusqu'à fin 2022, date butoir qu'elle s'est fixée pour l'interdire ou non. Un pays a cependant pris les devants : depuis le 1er janvier 2021, cet herbicide est proscrit au Luxembourg, qui souhaiterait entraîner d'autres États membres dans son sillage.

Une décision prise tambour battant en trois étapes très rapprochées : 

  • le 1er février 2020 : retrait de l'autorisation de mise en vente des produits phytosanitaires contenant du glyphosate  ;
  • jusqu'au 30 juin 2020 : écoulement des stocks ;
  • jusqu'au 31 décembre 2020 : délai de grâce pour les professionnels.

« Nos collègues des autres continents hallucinent lorsqu'on parle des ambitions européennes en termes d'écologie, de développement durable et de lutte contre le réchauffement climatique. L'UE est à des années lumières de la pensée universelle mondiale sur la production agricole mondiale », constate Laurent, agriculteur luxembourgeois, lorsqu'il échange dans le cadre de ses responsabilités professionnelles avec des exploitants agricoles d'Europe et de toute la planète (ancien vice-président du Conseil européen des jeunes agriculteurs ou Ceja, il est aujourd'hui membre de l'Organisation mondiale des agriculteurs ou OMA).

Ainsi, le Luxembourg est le premier pays à interdire le glyphosate. Pourtant, la position des producteurs est la même qu'ailleurs, et qu'en France notamment : « Il n'existe pas d'alternative à ce produit chimique indispensable, martèle Laurent. Et ce ne sont pas les 500 €/ha d'aide sur trois ans qui vont compenser les pertes sur les cultures »...

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