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Ils font l'agriculture européenneEn Allemagne : jusqu'à 60 % du maïs de Friedel dans le méthaniseur

Notre circuit à la découverte de l'agriculture européenne, via le livre de Christophe Dequidt, fait halte cette semaine en Allemagne. Un pays souvent pris comme exemple pour les énergies renouvelables, en particulier la méthanisation. En 2011, les grandes cultures ne parvenant plus à faire vivre les deux familles, Friedel et son père sautent le pas, profitant du 3e plan d'aides de l'État. Aujourd'hui, jusqu'à 60 % de leur maïs va dans le méthaniseur.

Le méthaniseur de Friedel consomme 25 t de matières premières par jour. Principalement du maïs, jusqu'à 60 % de sa production « suivant les années » sauf lorsqu'il fait sec, car l'agriculteur allemand « le valorise alors mieux en le commercialisant auprès d'éleveurs ». Ainsi, l'unité méthanisation, créée en 2011 pour pallier le manque à gagner en grandes cultures, sert de variable d'ajustement des revenus agricoles

« Par exemple en 2019, outre le maïs, j'ai utilisé les betteraves sucrières. Comme elles étaient payées 30 €/t, cela me revenait moins cher que d'acheter du lisier », raconte le producteur expliquant « ne pas avoir le choix » s'agissant de l'incorporation de cultures alimentaires dans le méthaniseur.

« La méthanisation, variable d'ajustement de nos revenus »

D'autant que la rentabilité du blé varie, elle aussi, énormément d'un an sur l'autre. « En 2020, j'ai vendu à 160 €/t pour un rendement de 9 t/ha, soit un chiffre d'affaires de 1 440 €/ha. Mes charges variables étaient de 800 €/ha, d'où une marge brute de 640 €/ha. Avec la location des terres à 600 €/ha, j'ai réalisé une marge nette de 360 €/ha » en ajoutant les aides de la Pac, donc 40 €/ha en réalité puisque celles-ci s'élèvent à 320 €/ha.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : comment vivre des grandes cultures seulement ? Ce que permet de faire, malgré les lourdeurs administratives, l'activité méthanisation... « Il faut que l'Europe sécurise nos revenus », martèle cependant Friedel, qui aspire à partir en retraite et transmettre sa ferme à ses enfants.

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