Menu

Travail du solKuhn voit toujours plus grand, plus polyvalent

La fraise rotative scalpe le sol en faible profondeur, permet de détruire les couverts en créant un mélange de terre et de végétaux. (©Antoine Humeau)
La fraise rotative scalpe le sol en faible profondeur, permet de détruire les couverts en créant un mélange de terre et de végétaux. (©Antoine Humeau)

Les nouveautés présentées par le constructeur alsacien à l’occasion d'Innov-Agri à Outarville (Loiret) étaient le plus souvent des compléments de gamme : des outils souvent plus grands, plus polyvalents, plus maniables. Autre tendance : des équipements qui répondent à des demandes agronomiques spécifiques. Deux d'entre eux ont retenu l'attention de la rédaction.

La fraise rotative baptisée EL Biomulch de Kuhn a été conçue pour détruire mécaniquement les couverts végétaux et désherber mécaniquement. Elle scalpe le sol à faible profondeur, de 3 à 10 cm, et incorpore les végétaux.

La gamme existante se prêtait bien jusque-là à la destruction de couverts végétaux, mais « la fraise allait trop en profondeur avec des lames qui ne s’adaptaient pas au travail en surface », raconte Benoît Fritsch, support produit travail du sol de la marque.

La fraise rotative adaptée à la biofumigation

Or il y avait une demande spécifique d’agriculteurs qui cherchaient à détruire leurs couverts en petite profondeur en créant un mélange de terre et de végétaux. C’est ce que l’on appelle la biofumigation, une technique culturale qui favorise la décomposition du couvert végétal en augmentant le taux de matière organique du sol tout en préservant son activité biologique.

Le constructeur a donc fait évoluer sa machine, qui reste en largeur fixe de 3 m, mais trois éléments nouveaux font leur apparition. À l’avant, quatre roues de jauge stabilisent l’outil pour travailler superficiellement et de façon homogène. Le rotor a été retravaillé, les lames sont plus fines, elles permettent de couper efficacement les racines des adventices et de mélanger les résidus végétaux. Enfin, la machine bénéficie de capot hydraulique, pour des raisons de sécurité lors que l’outil travaille en bordure de parcelle. À noter que la fraise rotative projette la matière organique assez loin en vue de limiter le "re"tassement de la matière pour lui permettre de se décomposer rapidement. Le réglage hydraulique du capot arrière s'opère directement en cabine et contrôle l’émiettement.

Vitesse de croisière entre 7 et 10 km/h

La machine est conçue pour travailler entre 7 et 10 km/h. Des essais ont été conduits dans de la moutarde, qui explose assez facilement avec le broyeur. Avec des couverts plus denses ou fibreux, il semble qu’un broyeur frontal s'avère nécessaire à l’avant du tracteur pour couper la partie aérienne. À l’arrière, la fraise sectionnera les racines et mélangera la matière organique à la terre.

L'équipement doit permettre de limiter le recours aux herbicides chimiques, pour les agriculteurs qui pratiquent les techniques culturales simplifiées (TCS). Outre les adeptes de l’agriculture de conservation des sols, les agriculteurs bio peuvent y trouver un intérêt, « mais aussi beaucoup d’agriculteurs conventionnels qui cherchent un autre moyen de détruire leurs couverts », glisse Benoît Fritsch.

Déchaumeur à disques Optimer
Le déchaumeur à disques Optimer existe désormais en version 9 et 12 m. (©Kuhn)

La gamme Optimer prend de la largeur

Autre nouveauté : le déchaumeur à disques Optimer est décliné dorénavant en version 9 et 12 m de large. Ils s’adressent aux grosses exploitations et aux entrepreneurs agricoles (ETA). Les modèles 9 m sont destinés aux tracteurs de 270 à 550 ch. Les 12 m nécessitent a minima 360 ch.

Principal atout de cet outil XXL, son débit de chantier important ! En travaillant entre 13 à 18 km/h, l'opérateur avale entre 18 et 20 ha/h. Une singularité de l’Optimer : la manœuvre en bout de champ s'effectue sur les rouleaux et les roues avant. Ce qui autorise à tourner très court, sans perdre l’adhérence, et avec un réel intérêt agronomique puisque la compaction du sol diminue.

Les modèles sont équipés de série du système Steady Control, un dispositif qui fonctionne grâce à l'hydraulique : « L’opérateur adapte la pression pour faire varier les extensions en positif ou en négatif selon la dureté du terrain. Objectif : suivre le sol au plus près », explique Camille Renault.

Des disques indépendants de 510 et 620 mm

Les disques ont un diamètre de 510 et 620 mm. Les premiers permettent des travaux superficiels sur céréales à pailles. Ils tournent plus vite, favorisant le foisonnement de la terre de 3 à 10 cm. Les plus grands disques sont plus polyvalents. Ils permettent de passer davantage de résidus, enfouir des fumiers et des chaumes de maïs. Ils assurent un bon scalpage et un bon brassage jusqu’à 13 cm environ.

Trois nouveaux équipements peuvent être installés en option. Le rouleau hacheur, qui se place devant le train de disques, hache la végétation (couverts, Cipan, …) et favorise ainsi sa dégradation. Le "leveling board", une sorte de skis inclinés plus ou moins vers le sol, s'adapte devant le train de disques, au même endroit que le rouleau hacheur. L'installation sert à préparer le terrain, en mode reprise de labour. Il casse les grosses mottes avant le passage des disques. Autre option : le rouleau double U. Il s’adapte à de nombreuses conditions, pierreuses ou humides. Un contact terre/terre s’opère, les coupelles se remplissent de terre et limitent le lissage du sol en conditions humides.

Réagir à cet article

Sur le même sujet