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Ceta de Romilly-sur-Seine (10)« Encore des améliorations à trouver » pour le relay-cropping

D'après les essais du Ceta, le sorgho est la Cive la plus simple à implanter parmi les trois testées, il est aussi moins sensible au stress hydrique et moins gourmand en azote. (©Ceta de Romilliy-sur-Seine)
D'après les essais du Ceta, le sorgho est la Cive la plus simple à implanter parmi les trois testées, il est aussi moins sensible au stress hydrique et moins gourmand en azote. (©Ceta de Romilliy-sur-Seine)

On en parlait sur Terre-net l'année dernière : le Ceta de Romilly-sur-Seine (Aube) mène, depuis 2019, des essais sur la technique du relay-cropping, notamment pour la méthanisation. Conseiller du Ceta, Sébastien Vatin nous livre les données de la campagne passée.

En France, la loi fixe le plafond de culture principale pouvant entrer dans la ration d'un méthaniseur à 15 %. Impossible d'aller au-delà. En revanche, les cultures intermédiaires peuvent être utilisées sans limite de quantité. C'est ce qui a conduit le Ceta de Romilly-sur-Seine à s'intéresser aux cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) d'été. 

Produire deux cultures en un an

Les périodes de sécheresse, récurrentes sur le secteur, ne simplifient pas la tâche en matière d’implantation des cultures. « Un semis de Cive début juillet ne fonctionne pas toujours, un an sur quatre dans la région, quand la pluie est avec nous », expliquait Sébastien Vatin, conseiller agricole au Ceta de Romilly-sur-Seine l'année dernière. « Il a alors fallu anticiper la date de semis de cette Cive d'été, et le seul moyen a été de faire cohabiter cette dernière un moment avec la culture précédente grâce à la technique de relay-cropping (ou culture en relais) ».

Après 5 ha plutôt concluants en 2019/2020, deux adhérents du Ceta, Martin Neeser et Etienne Cousin installés près d'Arcis-sur-Aube, ont souhaité mettre en place 38 ha d'essais sur leurs exploitations lors de la campagne dernière, sur quatre parcelles distinctes :

  • 5 ha orge d'hiver et maïs ;
  • 4 ha orge d'hiver et sorgho ;
  • 19 ha orge d'hiver et sorgho ; 
  • 10 ha orge de printemps semée à l'automne (OPA) et tournesol

Rendement stable de la culture d'hiver

Pour rappel, les semis d'orges sont réalisés avec un semoir à céréales à écartement de 15 cm et avec 2 rangs bouchés sur 4. Par rapport à la campagne précédente, les densités ont été revues à la hausse pour « homogénéiser la qualité de la récolte » : 75 % de la dose pleine, au lieu de 50 %. Soit 250 gr/m² en orge d'hiver (OH) pour des semis le 17 et le 21 octobre, ainsi que le 2/11 (parcelle libérée plus tard avec la récolte des Cive) et 275 gr/m² pour l'OPA également semée le 2/11. 

Leur rendement est resté au même niveau : « entre - 15 et - 20 % par rapport à un rendement en plein (témoin) », précise Sébastien Vatin. Les orges ont notamment subi les fortes gelées en avril, provoquant par endroits du gel d'épis. L'expert pense continuer avec une dose de semis diminuée de moitié, par rapport au plein, pour les prochaines années. 

OPA et tournesol
« En relay-cropping, la récolte de l'OPA est plus complexe, du fait de la hauteur de tiges plus courte que l'OH. D'autant plus en association avec du tournesol, qui a tendance à s'étioler fortement », note Sébastien Vatin. (©Ceta de Romilly-sur-Seine)

Autre difficulté rencontrée : l'implantation des Cive plus tardive à cause des conditions météo, entre le 28 mai et le 2 juin 2021, des tournesols (90 000 gr/ha), sorgho (230 000 gr/ha) et maïs (110 000 gr/ha). « Les agriculteurs ont utilisé un semoir prototype Horsch avec des dents fines de fissuration et des éléments semeurs Pronto Horsch. Mais les conditions humides du sol, pendant le mois de mai, n'ont pas facilité le réappui sur le rang ». Pour les semis à venir, ils souhaitent « plutôt tester un semoir monograine et y adapter des éléments de fissuration. Il nous reste encore quelques mois pour y travailler », précise Sébastien Vatin. 

Mais « une campagne globalement décevante »

Pour le conseiller, « la campagne a été globalement décevante par rapport à la précédente », à cause notamment des conditions météo compliquées. Si les précipitations de juillet auraient dû être bénéfiques aux Cive, elles ont surtout perturbé la récolte des orges : «  réalisée au 10 juillet, au lieu du 25 juin en 2020. Ces 15 jours de retard ont pénalisé la pousse des cultures relais. De plus, les orges d'hiver récoltées à surmaturité ont été victimes de casse de tiges et de perte d'épis, entraînant la concurrence de repousses avec les cultures relais. » Face à ce souci, le Ceta réfléchit à « faucher et andainer les céréales d'hiver autour du 15 juin, afin de libérer plus rapidement les cultures relais ». 

Récolte de l'orge
La récolte de l'orge laisse place aux cultures relais ensuite. (©Ceta de Romilly-sur-Seine)

Autre apprentissage des essais : « en relay-cropping, la récolte de l'OPA est plus complexe, du fait de la hauteur de tiges plus courte que l'OH. D'autant plus en association avec du tournesol, qui a tendance à s'étioler fortement ».

Toujours concernant les Cives d'été, leurs rendements 2021, autour des 3-4 t de MS/ha, ne sont pas satisfaisants, si on les compare aux 9 t de MS/ha en sorgho et 6,5 t de MS/ha en maïs récoltées en 2020. « Le modèle n'est pas encore abouti, il nous reste encore des améliorations à trouver et cela demande du temps », note Sébastien Vatin. Les adhérents du Ceta restent toutefois très intéressés par ce challenge et les perspectives à venir. À suivre donc ! 

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