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[Paroles de lecteurs]Pensées suicidaires« Bravo » à cette éleveuse québécoise « d'avoir eu le courage d'en parler » !

 « Quand le métier de producteur agricole, si beau de l'extérieur, devient une souffrance insoutenable de l'intérieur... » (gillesdu01) (©Agrimom // Création Terre-net Média)
« Quand le métier de producteur agricole, si beau de l'extérieur, devient une souffrance insoutenable de l'intérieur... » (gillesdu01) (©Agrimom // Création Terre-net Média)

Les lecteurs de Web-agri ont été très émus par le témoignage, publié la semaine dernière, d'une jeune éleveuse québécoise, qui a perdu pied peu à peu sous la pression du travail jusqu'à penser au suicide. Beaucoup la remercient d'avoir osé raconter cet épisode très douloureux de sa vie. Et si comme le propose Guillaume Hamel, on prenait tous le temps d'aller voir ses voisins agriculteurs en difficulté ?

 

Patrice Brachet : « Un émouvant résumé (de la spirale infernale qui peut mener les agriculteurs au suicide). Bravo d'avoir eu le courage d'en parler ! »

Un récit « Fort en émotions »

gillesdu01 : « Bravo, il faut avoir vécu ce type de situation pour arriver à la décrire ainsi ! Quand le métier de producteur agricole, si beau de l'extérieur, devient une souffrance insoutenable de l'intérieur... » 

Olmer : « C'est très touchant, fort en émotions et illustre parfaitement ce que vivent les exploitants agricoles. Les prix agricoles bas sont les premiers fautifs !! »

« Les prix bas, les premiers fautifs » !

hub : « Oui, mais ce témoignage montre que les prix, les dettes et les factures qui s'accumulent, n'expliquent pas tout... »

Olmer : « Oui, mais si nous avions des prix rémunérateurs et réguliers, nous n'aurions pas besoin d'agrandir les exploitations en permanence, de faire des journées à rallonge, etc. On doit pouvoir déléguer ses travaux pour souffler et prendre du bon temps comme le reste de la société. Mais voilà, le monde agricole ne se défend pas assez... »

Que fait la MSA ?

Rémi : « J'ai connu moi aussi des temps très difficiles. N'en pouvant plus, j'ai appelé la MSA au secours. Foutaise ! C'est mon médecin qui m'a sorti de là. »

tous pourris : « Elle ne s'occupe pas des agriculteurs qui vont mal, ce n'est qu'une image qu'elle veut se donner ! »

« Prendre 5 min pour aller voir son voisin »

Guillaume Hamel : « On ne doit pas hésiter à prendre 5 min de son temps pour aller voir son voisin agriculteur, quand on pense qu'il est dans une période difficile, et pas pour reprendre sa ferme ! Mais pour lutter contre l'isolement et l'aider... »

galopin : « Même les voisins que je côtoie presque tous les jours, qui viennent chercher du lait le soir, ne connaissent pas les problèmes des paysans. » 

Patrice Brachet : « Je ne m'en suis jamais caché, j'ai failli passer à l'acte. J'ai reçu très peu de mains tendues mais beaucoup de coups de masse. Après, en voulant soutenir un exploitant agricole en détresse, on peut des fois faire pire que mieux. Il y a quelques années, un de mes bons copains était à bout mais vraiment à bout à cause de l'acharnement d'un contrôleur. J'ai appelé la sous-préfecture en demandant la fin de ce harcèlement qui n'avait pas lieu d'exister. Au lieu de chercher à apaiser les choses, la sous-préfète s'est encore plus acharné et il a fallu faire intervenir des politiques pour calmer le jeu. Attention donc, mieux vaut y aller doucement dans certains cas. »

Guillaume Hamel : « Bien sûr, Patrice, on marche toujours sur des œufs, mais si tu ne fais rien, c'est encore pire. Beaucoup de gens veulent nous enfoncer et même les agriculteurs malheureusement ne sont pas tendres entre eux. La solidarité, une valeur du monde agricole, devient rare au profit du chacun pour soi. »

Moins de problèmes dans les petites fermes ?

galopin : « Producteur de lait bio depuis 40 ans, je suis la risée de mes collègues parce que je n'ai que 28 vaches, du lait payé 700 € et un salarié. J'en ai fait un livre, Voyage dans un autre monde, celui de la terre et d'un élevage bio. Je reste confiant sur l'avenir des petites fermes comme la mienne, sans aucun emprunt. »

« La vie vaut tout l'or de la terre »

Bernard 60 : « J'ai également une petite ferme (30 ha) et pas de bête. Mais comme tout le monde, la charge de travail sur l'exploitation est importante et les tâches administratives de plus en plus lourdes. Il y a des moments, j'ai envie de tout lâcher, le stress et les em... qui vont avec aussi ! Mais j'ai une femme que j'aime et une fille que j'adore. Alors, je me dis qu'on a qu'une vie. Elle vaut tout l'or de la terre et même mille fois plus que tout ce qu'on possède. Quand j'en ai marre et que j'ai le blues, dès que ma fille me dit "papa, je t'aime", ça me fait réfléchir. Je sais que certains sont seuls mais ne commettez pas l'irrémédiable même si je sais que c'est facile à dire... »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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