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Stockage à la fermeStocker ses grains oui... mais lesquels ?

Une seule installation suffit pour stocker céréales, protéagineux et oléagineux. (©Terre-net Média)
Une seule installation suffit pour stocker céréales, protéagineux et oléagineux. (©Terre-net Média)

La notion de stockage des grains à la ferme évoque immédiatement les céréales (blé, orge et maïs). En France, nombreux sont les polyculteurs et les polyculteurs-éleveurs qui en maîtrisent le processus. Il ne faut pas oublier les oléagineux : colza et tournesol en tête. Ou même les protéagineux, qui se stockent également. La diversité des grains stockés impose davantage une adaptation du savoir-faire qu’une évolution de l’installation.

En 2015-2016, FranceAgriMer avait estimé à 2,6 Mt le volume de blé stocké à la ferme contre 1,66 Mt en 2014-2015. C’est un chiffre encore modeste rapporté à une production nationale annuelle de 35 à 40 millions de tonnes, mais l’organisme évoque un « phénomène structurel ». Si le blé représente moins de 10 % d’une capacité totale de plus de 30 Mt équivalent blé, le détail des chiffres met en évidence la diversité des grains stockés à la ferme. Pour les céréales : le blé, l’orge, l’avoine et le maïs, mais aussi les protéagineux : pois et féverole, sans oublier les oléagineux : colza et tournesol.

La polyvalence d’une installation de stockage est un véritable atout. On parle de « tonne équivalent blé » pour la capacité d’un silo mais il est possible d’y acheminer et conserver la majorité des espèces de l’assolement. C’est l’équipement qui permet de maîtriser les processus de conservation des différentes graines. Le séchage s’impose, par exemple, pour le maïs. La maîtrise du taux d’humidité puis de la température de conservation implique plus ou moins de ventilation. 17 % d’humidité maximale pour le pois protéagineux, avec un débit d’air de 10 m3 par heure et par m3 de grains. À chaque espèce ses exigences : taux d’impuretés, humidité optimale, température maximale de séchage, débit d’air, température de conservation… Le stockage ne s’improvise pas.

Stocker à la ferme : la tendance oléagineuse

Parce qu’il devient tout aussi intéressant de maîtriser leur commercialisation, il ne faut pas exclure le colza et le tournesol des sites de stockage. Le marché des oléagineux se segmente et ouvre de réelles opportunités pour des lots travaillés selon certains critères ou en cas de report de stock.

Le stockage des graines d’oléagineux est intéressant, même si leur conservation est plus délicate. Une mauvaise gestion peut entraîner l’altération de l’huile, à l’intérieur de la graine, et diminuer la rentabilité du stock. Ainsi, les phénomènes d’échauffement, qui doivent être maîtrisés pour tous les types de graines, sont à surveiller en particulier dans les silos d’oléagineux. Les prélèvements de contrôle devront être plus fréquents.

L’essentiel

- Il faut penser au-delà des seules céréales.

- Une seule installation suffit pour stocker céréales, protéagineux et oléagineux.

- La question n’est pas tant de différencier les installations que de raisonner leur dimensionnement à bon escient.

- Le stockage réclame un savoir-faire spécifique, qui peut être mis à profit pour le déploiement d’une activité à part entière : le stockage à façon.

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