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Étude Inrae/AgroParisTechL'Europe peut-elle être autosuffisante en soja ?

Comme les autres légumineuses, le soja est capable de fixer l'azote dans le sol. (©Terre-net Média)
Comme les autres légumineuses, le soja est capable de fixer l'azote dans le sol. (©Terre-net Média)

Si les surfaces de culture de soja en Europe augmentent continuellement depuis 20 ans, les importations restent largement majoritaires dans la consommation du continent. L'Europe est-elle capable de devenir autosuffisante en soja ? AgroParisTech et Inrae ont développé des modèles de projection pour donner des pistes de réponse.

« Actuellement, l'Europe importe près de 90 % du soja qu'elle consomme, en provenance des États-Unis et du Brésil pour la majorité et destiné essentiellement à l'alimentation animale. Si la surface de culture de soja a quadruplé sur le continent en 12 ans, passant de 1,2 Mha en 2004 à 5 Mha en 2016, elle ne représente que 1,7 % des surfaces cultivées en 2016 », nous rappellent AgroParisTech et Inrae.

Une autosuffisance atteignable si 4 à 11 % des terres cultivées sont consacrées au soja

Selon les résultats de leur étude publiée dans  Nature food le 7 avril 2022, « les surfaces européennes favorables à la culture de soja sont beaucoup plus élevées que la superficie récoltée actuellement. Les projections indiquent un rendement de 2 t/ha sous les conditions climatiques actuelles, même sans irrigation ni fertilisant, et il augmenterait avec les conditions climatiques futures de + 0,4 à 0,6 t/ha entre 2050 et 2090 ». Les cherchent prévoient également « un déplacement des aires les plus productives depuis le sud du continent européen vers le nord et l'est en raison du changement climatique ».

D'après cette étude, « à besoin de soja constant, l'autosuffisance en soja de 50 à 100 % serait atteignable en Europe, sous les climats actuels et futurs, si 4 à 11 % des terres cultivées étaient consacrées au soja. Il faudrait alors augmenter les surfaces d'un facteur 2 à 3 pour une autosuffisance à 50 % et d'un facteur 5 à 6 pour une autosuffisance à 100 % ».

« En supposant que la culture ne bénéficie d'aucune fertilisation, cette hausse des surfaces permettrait de réduire l'usage des engrais azotés de 4 à 17 % sur le continent européen », mettent également en avant les chercheurs. 

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