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L'actu d'ArvalisMaladies des céréales : éviter les contaminations par les semences

Plusieurs leviers agronomiques peuvent limiter le risque de propagation des maladies des céréales, via les semences. (©Arvalis-Institut du végétal)
Plusieurs leviers agronomiques peuvent limiter le risque de propagation des maladies des céréales, via les semences. (©Arvalis-Institut du végétal)

Les semences de céréales peuvent être porteuses de maladies : carie, ergot, charbon nu, piétin échaudage, fusarioses… Pour éviter tout préjudice – pertes de rendements voire re-semis -, un tri des semences est primordial, complété d’un traitement adéquat, si cela est possible.

Carie : un épi carié contient des millions de spores

La carie reste toujours présente en raison du fort pouvoir de propagation des spores. Un seul épi carié contient des millions de spores qui, disséminées lors du battage, viennent contaminer la récolte, les futures semences, le sol ainsi que le matériel agricole. Un semis de blé provenant de semences d'un champ comportant 1 % d'épis cariés (1 % de pertes de rendement) peut en développer plus de 60 %. Cette maladie reste peu fréquente, mais peut générer des dégâts majeurs pour les parcelles concernées.

Après une infestation de carie sur une parcelle, un labour est nécessaire puis du travail superficiel l’année suivante. Il faut éviter d’implanter des blés et des épeautres les cinq années suivantes. La seule lutte chimique possible passe par le traitement de semences. Son efficacité est proche de 100 % pour les meilleures solutions. Lors de l’utilisation de graines de ferme, une analyse du lot de semences est conseillée et indispensable lorsque des cas de carie ont été signalés dans un environnement proche. Le traitement de semences contre la carie permet également de protéger les contaminations venant du sol.

Evaluation comparée (en % d'épis cariés) de traitements de semences fongicides vis-à-vis de la carie commune, selon deux sources de contamination
Evaluation comparée (en % d'épis cariés) de traitements de semences fongicides vis-à-vis de la carie commune, selon deux sources de contamination. (©Arvalis-Institut du végétal)

Ergot : de nouvelles normes en janvier 2022

Si l’ergot ne porte pas préjudice aux rendements, il est extrêmement néfaste pour la qualité sanitaire des céréales, via les alcaloïdes qu’il contient. Il est même dangereux pour les consommateurs à partir d’une certaine quantité.

Sclérotes sur épi
Sclérotes sur épi. (©Arvalis-Institut du végétal)

De nouvelles normes entrent en vigueur au 1er janvier 2022 (excepté pour le seigle en juillet 2024).

Seuil maximum de contamination par les sclérotes
Seuil maximum de contamination par les sclérotes. (©Arvalis-Institut du végétal)

Aucun traitement de semences n’est possible pour l’ergot. Il est donc important de ne pas avoir d’ergot ni dans la semence ni dans le sol. Pour cela :

  • s’assurer de travailler avec des semences saines, pour ne pas amener d’autres sclérotes dans le sol de sa parcelle ;
  • en cas de contamination, réaliser un labour permettra d’enfouir les sclérotes à plus de 10 cm de profondeur. Dans ces conditions, ils ne pourront pas émettre de spores dans les cultures suivantes ;
  • attention, l’année suivante, il faut impérativement réaliser un travail superficiel du sol pour ne pas les faire remonter ;
  • diversifier sa rotation est également un bon moyen de lutte, surtout lorsque le sol n’est pas travaillé. Puisque l’ergot contamine les graminées, il faudra éviter pendant au moins deux ans d’implanter des céréales à paille sur la parcelle, et opter pour des cultures non hôtes (maïs, luzerne, oléo-protéagineux…) ;
  • il ne faut pas oublier que les graminées adventices sont vectrices. C’est pourquoi, il est capital d’effectuer un désherbage minutieux. Les adventices au bord de champ sont aussi un vecteur non négligeable de la propagation de l’ergot. Un fauchage des bords de parcelle au début du stade floraison des cultures permettra de réduire la pression.

Pouvoir de contamination des sclérotes
Pouvoir de contamination des sclérotes. (©Arvalis-Institut du végétal)

Le charbon nu de l’orge : l’infection passe par l’embryon

La contamination étant réalisée par l’embryon, il n’est pas possible de trier les semences. Le recours à un traitement de semences efficace est fortement recommandé lorsque l’infection est avérée (via une analyse sanitaire) ou suspectée (semences provenant d’un champ - ou situées à proximité d’un champ - ayant porté des épis charbonnés).

Piétin échaudage : des nécroses racinaires caractéristiques

La lutte contre le champignon du sol responsable du piétin échaudageGaeumannomyces graminis tritici, s’appuie sur différentes techniques agronomiques :

  • faire des rotations de cultures avec des plantes non sensibles ou non amplificatrices : colza, pois, avoine…
  • détruire les graminées adventices et les repousses de céréales ;
  • éviter les semis trop précoces car le piétin échaudage est favorisé par des séquences de températures douces associées à des périodes de pluies au cours de l’automne. Plus le semis est tardif, plus les températures sont potentiellement froides ;
  • éviter les résidus de paille et les sols soufflés après semis : le champignon a besoin d’oxygène pour se développer dans le sol.

Racines nécrosées suite à la présence du piétin échaudage
Racines nécrosées suite à la présence du piétin échaudage. (©Arvalis-Institut du végétal)

Le traitement de semences à base de silthiofam peut venir en complément sur les parcelles implantées en situation à risque, notamment en blé sur blé (le blé dur étant particulièrement impacté). La nouvelle spécialité, Latitude XL (Certis), a confirmé un contrôle partiel des symptômes sur racines, avec un gain significatif de rendement en blé sur blé (15 q/ha en moyenne sur deux essais 2018 et 2019).

Fusarioses : des fontes de semis possibles

La présence de différents champignons, Fusarium graminearumMicrodochium spp., sur, et surtout dans les semences, peut entraîner des manques à la levée et des fontes de semis préjudiciables au peuplement et au rendement. Sur céréales à paille, nos essais avec des semences à contamination naturelle élevée montrent que des traitements de semences fongicides de référence contre les fusarioses des semences permettent un gain de 40 à 60 plantes/m² et de 8 q/ha en moyenne par rapport à la même semence non traitée. Un triage rigoureux des graines doit être réalisé avant semis, en particulier sur blé dur, particulièrement sensible à ces maladies

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