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MomagriQuand les flots emporteront l’agriculture britannique

Quand les flots emporteront l’agriculture britannique

Au nom du principe de renationalisation, les différents Etats-membres profitent de la nouvelle Pac pour l’adapter à leur agriculture. La Grande-Bretagne a ainsi choisi une convergence des aides totales et a exclu les aides couplées.

En Grande Bretagne, il n’y a pas de paiement redistributif, mais une réduction de 5 % des paiements au-delà de 150.000 euros. Cette approche libérale laisse également le choix aux agriculteurs de produire en fonction de la conjoncture des marchés, alors que 87 % des crédits seront alloués à des programmes de développement rural. Le découplage des aides est devenu une réalité intangible et largement acceptée en Grande-Bretagne, de même que la non-intervention sur les marchés.

Pourtant, face aux défis agricoles britanniques, il n’est pas certain que cette nouvelle Pac « à la carte » et laissée à la seule discrétion des marchés, assure aux agriculteurs une activité et un revenu stable, de même qu’elle laisse présager des distorsions de concurrence inquiétantes au sein même de l’Union Européenne.

La Grande-Bretagne, tout comme ses voisins, est tributaire de risques endogènes et exogènes. Elle en expérimente en ce moment même les ravages avec les inondations – les plus graves en 250 ans – qui ont saccagé une partie des cultures notamment dans le sud-ouest de l’Angleterre et dont les conséquences à long terme pourraient s’avérer catastrophiques.

Une activité vitale pour l'économie britannique

L’agriculture est pourtant une activité vitale de l’économie britannique et participe pleinement à sa compétitivité internationale. Sa contribution à l’économie anglaise a par exemple augmenté de 54 % entre 2007 et 2012, ainsi que l’a rappelé la dernière conférence annuelle du Nfu (National Farmers Union). Or les fonds débloqués sont des mesures conjoncturelles qui, bien qu’utiles en raison de l’urgence de la situation, ne feront que masquer temporairement les défaillances structurelles de la politique agricole britannique.

Les dangers d’un libéralisme excessif en cette période de menace pour la survie de l’agriculture du pays sont réels : laisser les marchés décider du sort des agriculteurs britanniques, serait finalement les précipiter un peu plus vers la catastrophe.

Les inondations en Grande-Bretagne et leur impact sur l’activité agricole sont l’occasion d’offrir de véritables outils stabilisateurs au secteur agricole, notamment européen, alors que le libre-échange non régulé et les excès de la déréglementation, hérité outre-manche de l’ère Thatcher, pourrait ne faire qu’empirer un contexte déjà contraint par d’importants aléas climatiques. 

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