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Bilans de récoltes 2021Lentilles et pois chiches : une campagne perturbée par les aléas climatiques

Avec les pluies importantes, les récoltes de lentilles ont été retardées de 15 jours à 1 mois cette année. (©Pixabay)
Avec les pluies importantes, les récoltes de lentilles ont été retardées de 15 jours à 1 mois cette année. (©Pixabay)

Si les récoltes de lentilles et de pois chiches ont été décevantes cette année du fait des aléas climatiques, Terres Univia et Terres Inovia l'assurent : l'ensemble des maillons de la filière est mobilisé pour « le développement de ces deux productions essentielles pour la Ferme France ».

En 2021, « les surfaces de lentilles étaient plutôt en stagnation ou en recul par rapport à 2020 (35 520 ha), notent Terres Univia et Terres Inovia dans leur bilan de campagne. [...]  Les rendements sont 2 à 3 fois inférieurs au rendement moyen observé sur les trois dernières années : 8 q/ha dans l’Aube, la Marne et l’Yonne (vs 27,3 q/ha), 6 q/ha en Centre-Val de Loire (vs 15 q/ha), 3 q/ha dans le Sud-Ouest (vs 8,6 q/ha), 4 q/ha en Haute-Loire (vs 5,6 q/ha) et 6,5 q/ha en Nouvelle-Aquitaine (vs 18,6 q/ha) ».

En cause, « les pluies importantes en partie : développement d’adventices, relance de la floraison, verses compliquant les récoltes, taux important de graines au sol, graines germées (40 % dans certaines zones). Les récoltes ont ainsi été retardées de 15 jours à 1 mois. Sur l’ensemble des bassins de production, la qualité des graines de lentille est alors en deçà des critères habituellement attendus : petits calibres, nombreux défauts relevés (graines moisies, fripées, cassées, ou présentant des défauts de couleur) ».

Concernant le pois chiche, « les surfaces étaient stables en 2021 : environ 23 500 ha, comme en 2020 ». Au vu des conditions climatiques de l'année, les rendements sont plutôt « corrects : 17 q/ha net dans le Sud-Ouest (vs 23 q/ha en moyenne sur les trois dernières années), 20 q/ha net dans le Sud-Est (vs 19 q/ha) et 10 q/ha dans les autres secteurs de production (vs 16 q/ha) », précisent les deux instituts.

« Le début de campagne a été marqué par des conditions sèches et la croissance des plantes a été contrainte par la fraîcheur au mois de mai. [...] L’ascochytose est arrivée tardivement et n’a pas limité les rendements (sud de la France). Les pluies ont là aussi décalé les récoltes (hors Sud-Est) à fin août-septembre (au lieu de fin juillet à fin août) et une dégradation de la qualité des graines (hors Sud-Est) avec l’observation de champignons saprophytes et de graines vertes sur les échantillons récoltes ».

Accompagner le développement de ces filières 

S'il déplore la mauvaise récolte de lentilles, Antoine Henrion, agriculteur et président de Terres Univia, tient à rappeler que « les années 2016-2019 étaient particulièrement favorables à cette production. Et que la récolte de pois chiche tire son épingle du jeu. [...] Nous sommes en capacité en France de couvrir nos besoins en lentilles et pois chiche. Si chaque maillon de la chaîne se mobilise, nous ne retomberons pas dans la grande importation et pourrons sécuriser les revenus des producteurs », assure le président de Terres Univia. 

Terres Univia et Terres Inovia notent quatre dispositifs complémentaires pour « accompagner le développement de ces productions essentielles pour la Ferme France »: 

  • La contractualisation : les agriculteurs peuvent, en effet, « contractualiser jusqu'à 100 % de leur récolte, permettant ainsi une garantie d'achat et de prix, et une sécurisation des revenus à court terme. La majeure partie des productions est d’ailleurs sous contrat depuis deux ans et les opérateurs travaillent en ce moment même sur les contrats en prenant en considération les termes de compétitivité actuelle avec les autres cultures dont les prix sont élevés ».
  • La structuration de filières locales : « plusieurs démarches territoriales sont menées depuis 2020 pour structurer les filières des protéines végétales partout sur le territoire. » Objectif : « sécuriser, multiplier les débouchés (restauration collective, produits innovants…) et valoriser les productions durablement ».
  • L'innovation technique et Cap Protéines : à travers ses activités de recherche et de développement, « Terres Inovia accompagne la production de lentille et de pois chiche afin de proposer des variétés adaptées au territoire français et d'optimiser les itinéraires techniques ». À noter aussi : « le programme de recherche Cap Protéines, qui a permis en 2021 de constituer le premier réseau multipartenarial d’évaluation des variétés de lentilles et d’étoffer le réseau des variétés de pois chiche : 8 variétés de lentille de tous types (blonde, corail, noire, et verte) sont testées sur 13 essais et 11 variétés de pois chiche dans 15 essais ».
  • La consommation au rendez-vous et de nouveaux débouchés : « 48 % des Français consomment des légumineuses au moins une fois par semaine1. Ce chiffre témoigne de l’engouement croissant des consommateurs pour les légumineuses. Si la consommation de protéines végétales est en hausse, elle est stimulée par la multiplication des débouchés possibles pour les lentilles, pois chiches, et autres légumineuses qui permettent de valoriser les co-produits des lentilles et pois chiche (graines fragmentées notamment) : farines pour l’alimentation humaine, utilisation en alimentation animale, multiplication des plats à base de légumineuses dans les rayons des supermarchés... ». 

1 : Résultats de l’étude Crédoc "Comportements et attitudes alimentaires en France", réalisée en mai 2021 pour Terres Univia dans le cadre de Cap Protéines.

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