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Investissements en élevageComment les banques réagissent à la fin des quotas laitiers et à la nouvelle Pac

La baisse des aides de la Pac ou la fin de trente ans de quotas laitiers bouleversent l’environnement économique des exploitations, et plus particulièrement celui des élevages laitiers. Pour étudier les demandes de financement des agriculteurs, les banques ont adapté leur grille d’évaluation et analysent de manière plus approfondie les comptes de l’exploitation. Les explications de Mickaël Le Nezet, directeur adjoint de Banque populaire en charge du marché des professionnels.

[Vidéo] Mickaël Le Nezet (Banque populaire) : « Les banques regardent désormais les exploitations comme toutes les autres entreprises »

La fin des quotas laitiers et, plus globalement, l’application de la réforme de la Pac ont sonné la fin d’une « exception agricole en matière d’étude des dossiers de financement de projets agricoles » par les banques. Pour Mickaël Le Nezet, directeur adjoint de Banque populaire en charge du marché des professionnels, les exploitations agricoles bénéficiaient, en matière d’étude de dossier de financement, d’une « exception » que n’avaient pas les entreprises d’autres secteurs d’activité.

« Tout ce qui entraîne une incertitude économique est minutieusement regardé par la banque, explique l’expert. En matière de débouchés, et donc de revenus, même si les prix sont plus volatils ces dernières années, les quotas constituaient une sécurité pour les exploitations laitières. » Cette sécurité est moindre avec les contrats.

Idem pour les aides de la Pac. « Auparavant, en matière d’avances de trésorerie, nous avions tendance à dire qu’on pouvait financer 80 % de ce que l’agriculteur était certain de bénéficier au niveau des aides. Avec l’application de la Pac 2015-2020, si sur ce volume d’aides, certaines diminuent, les avances de trésorerie octroyées par les banques baisseront d’autant. Or les agriculteurs ont toujours autant besoin de trésorerie. Cela impose donc aux banques une lecture plus approfondie des besoins et des capacités financières des exploitations. »

Autrement dit, l’environnement économique plus incertain des exploitations entraîne une exigence accrue des banques, qui, avant d’accepter ou non une demande de financement, regardent plus en détail les comptes de l’exploitation.

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