Menu

Suppression des quotas laitiersYves Sauvaget : « Qui se préoccupe du prix payé au producteur ? Personne… »

Yves Sauvaget : « Qui se préoccupe du prix payé au producteur ? Personne… »

Beaucoup d'éleveurs redoutent la fin des quotas au 1er avril 2015. Bien que bon nombre d'entre eux s'y soient préparés, la libéralisation du marché va encore accentuer l'absence de visibilité sur les prix. « La seule solution pour résister aux pics de volatilité à venir : une maîtrise méticuleuse des coûts de production » selon Yves Sauvaget, éleveur dans la Manche. Un témoignage extrait de Terre-net Magazine n°38.

« Cette année, ma sœur a intégré le Gaec suite au départ à la retraite de son mari : elle est passée du statut de conjointe collaboratrice à celui d’associé. Nous avons regroupé les deux exploitations et installé un jeune. La production est ainsi passée de 270.000 à 480.000 l. Mais toutes ces évolutions ne sont pas liées à l’arrêt des quotas. Nous ne cherchons pas à produire davantage. Au contraire : ce n’est pas en augmentant la production que nous nous en sortirons mieux qu’avant. 

La seule solution pour résister aux pics de volatilité à venir : une maîtrise méticuleuse des coûts de production. La structure de notre exploitation nous permet de faire pâturer les animaux au maximum. Grâce à des terres porteuses, nous avons considérablement réduit la période d’hivernage : les vaches restent en stabulation pendant seulement trois mois, avec une ration de foin enrubanné. Avec le pâturage, nous limitons aussi nos investissements en bâtiments et nos charges de mécanisation.

L’abandon des quotas est très préoccupant. La plupart des représentants agricoles et des industriels ne s’intéressent qu’aux opportunités pour l’industrie et à la hausse des volumes qui en découle, pas à la valorisation du lait pour les paysans ! Oui, il y a une demande mondiale croissante qui pourrait justifier de produire plus, mais à quel prix pour l’éleveur ? Avec les raisonnements actuels, ce dernier ne sera toujours malheureusement qu’une variable d’ajustement. La libéralisation de la production nous conduira tout droit vers une succession de crises. Je crains que les politiques ne prennent conscience de la nécessité d’avoir des outils de régulation que lorsque le bateau de la filière laitière sera à moitié coulé… »

Couverture de Terre-net Magazine n°38
Lire Terre-net Magazine n°38 ICI. (©Fotolia, Terre-net Média // Création Terre-net Média)

Sommaire

Stratégies après quotas

Rédacteur en chef de Terre-net

Réagir à cet article

Sur le même sujet