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Suppression des quotas laitiers« Pour produire plus, il faut donner davantage de pouvoir aux producteurs »

« Pour produire plus, il faut donner davantage de pouvoir aux producteurs »

Beaucoup d’éleveurs redoutent la fin des quotas au 1er avril 2015. Bien que bon nombre d’entre eux s’y soient préparés, la libéralisation du marché va encore accentuer l’absence de visibilité sur les prix. Voici le point de vue de François Ferrand, polyculteur-éleveur en Isère, extrait de Terre-net Magazine n°38.

François Ferrand
François Ferrand, polyculteur-éleveur en Isère. (©François Ferrand)

« Avec la contractualisation telle qu’elle nous a été imposée, quel pouvoir ont les producteurs ?

Aucun ! Si les règles ne changent pas après l’arrêt des quotas, nous ne pourrons rien dire face aux laiteries et nous continuerons d’être soumis défavorablement aux lois du marché. Alors que celui-ci est porteur, un écart de plus de 50 €/1.000 l nous sépare du prix payé aux producteurs d’Europe du Nord. Dans ce contexte, je vois mal la production laitière se développer en France comme dans les autres pays européens. Il faut des orientations politiques qui donnent plus de pouvoir aux éleveurs afin qu’ils puissent avoir une visibilité sur les prix à plus long terme. 

L’agriculture devrait sortir du cadre de l’Omc. Les productions agricoles ne doivent pas être banalisées et sujettes à la spéculation. L’après-quota ne me soucie pas d’autant plus que nous devons respecter des contraintes qui n’ont plus de sens. Avant même qu’on nous parle de l’échéance de 2015, je me suis efforcé de consolider mon exploitation. En 1998, j’ai été l’un des premiers de l’Isère à mettre aux normes mes bâtiments. Mon premier fils s’est installé en 2008 et le second en 2012. Nous avons repris une exploitation voisine pour augmenter notre volume de production et nous avons investi dans deux robots de traite pour améliorer le confort de travail. Nous allons pouvoir progressivement passer de 87 à 100 vaches. 

Nous produisons aujourd’hui un volume important, qui nous permet de faire face tant bien que mal à la hausse des charges. Mais les comptes restent très fragiles. Nous devons supporter de lourds investissements qui laissent notre trésorerie exsangue. Pour accroître l’autonomie fourragère de l’exploitation, il faudrait investir environ 100.000 € dans du matériel d’irrigation afin de garantir des rendements satisfaisants en maïs ensilage. Nous y réfléchissons. Par contre, en termes d’économies de charges, nous sommes arrivés au bout de ce que nous pouvions faire. »

Couverture de Terre-net Magazine n°38
Lire Terre-net Magazine n°38 ICI. (©Fotolia, Terre-net Média // Création Terre-net Média)

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Stratégies après quotas

Rédacteur en chef de Terre-net

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